Crash Reading : Mantoid Universe – Du JDR Punk

Je vous ai déjà évoqué ce jeu lors du Faut Qu’on Conv’ sur RPGers 2018. Vous le savez peut être, mon jeu préféré est l’Appel de Cthulhu, du coup comme c’est un jeu très classique, je cherche souvent des bizarreries pour varier les plaisirs. Et le moins qu’on puisse dire c’est que ce jeu, issu de l’écurie frappadingue Batro Games envoie valdinguer plein de choses !  Vous êtes prêts pour Mantoid Univers ? Non ? C’est normal, je vous raconte tout ça ! 

Note : les Crash Readings sont une série d’articles que j’écris à propos de JDR (ou autre) que je lis mais que je n’ai pas encore fait jouer. Je ne veux pas appeler ça des critiques car sans l’avoir fait jouer, on ne peut pas vraiment se faire l’idée d’un jeu. Disons que je critique l’ouvrage plus que le jeu, à l’inverse de certaines critiques qui vont évaluer le jeu à partir de la simple lecture du livre sans l’avoir fait jouer (méfiez vous des critiques à J+1 de JDR qui font 600 pages…). 

De quoi ça parle ?

Mantoid Universe s’insère dans une continuité des autres jeux de Batro Planète Hurlante et Space Sword. Il n’y a cependant aucune nécessité de connaitre ces univers avant de jouer (ce qui est mon cas).

Batro Games
Une DA magnifique et parfois … dérangeante

Mantoid se passe dans un univers “Punk, Épileptique et Sado-masochiste” (tout un programme), dans un temps situé après la fin des temps. L’apocalypse, la fin de l’univers, le jugement dernier, tout ça a eu lieu. Les personnages vont évoluer dans les lambeaux d’un monde détruit, dans les spasmes d’agonie de celui-ci. Ambiance cradingue, chaotique et délirante à prévoir. Bref Punk à 100%.

Évoluent dans cet océan délirant plusieurs races très différentes et malsaines. Les Cafaroides libidineux, Les hommes-porcs végétariens opprimés, les redoutables Mantoides et leurs réseaux de trafics et les absurdes Clones.

Dur d’en dire plus, tant le jeu se base sur l’improvisation, l’absurdité et le délire structurel. Dans un tel monde en proie à la folie, les notions d’univers, d’aventure et de réalité n’ont plus vraiment de sens.

L’ouvrage :

Moins de 100 pages, sous blister avec une couv’ cheloue. Autant dire que ce livre attire l’oeil tant il peut être repoussant, surtout quand on a l’habitude du reste de la prod’ ludique. D’autant plus que la dernière ligne de la quatrième de couv’ a de quoi intriguer : “Déconseillé aux mineurs”.

Mantoid Cover RPG
Une couverture qui met dans l’ambiance

Quand on ouvre la bête, on comprend de suite le délire. Illustré par l’incroyable Jeremy Famir, les visuels font la part belle au “weird”, à la folie, au crasseux et à l’explicite. J’adore ! Mais attention certains visuels peuvent être perturbants.

La maquette est aérée grâce notamment aux nombreux tableaux de gestion aléatoire de tout un tas de choses et aux illustrations qui rendent le tout agréable à lire et clarifient clairement la mécanique.

Découpé en deux parties sur le système et sur l’univers, le tout est un très bon exemple de maquettage intelligent et clair. On aurai pu craindre que la mise en page soit aussi foutraque que l’univers et le choix de faire l’inverse est à mon sens très pertinent. L’univers étant suffisamment déroutant, on se sent “rassuré” par la clarté formelle du tout, un bon point !

Le Jeu

Que dire ? Honnêtement je vais pas dire grand chose, tant le jeu nous pousse à casser tout ce qu’on connaît pour vivre l’aventure de façon viscérale. Sachez simplement que c’est un système D12 avec une grosse notion d’aléatoire dans la création de personnage. Mais ça a l’air de fonctionner très bien ! Tout est très simple, très clair et reflète parfaitement l’imprévisibilité de l’univers.

Conclusion :

J’ai dit plusieurs fois que c’était un jeu Punk. Mais c’est quoi un jeu punk ? Et bien c’est quoi le punk d’abord ? Pour grossir le trait, c’est un courant musical et artistique qui prône la simplicité, la “crudité” (enfin le fait d ‘être cru quoi), le nihilisme et une forme de désespoir envers l’avenir. C’est aussi un mouvement qui rejette les conventions et le principe même de règles et de bienséance. Le tout sans oublier d’avoir un vrai talent artistique et un goût pour le beau, y compris et surtout le laid beau. Le punk cherche à choquer, déranger et remettre en cause les dogmes.

C’est exactement ce que fait Mantoid. En témoigne cette page surréaliste composée uniquement d’une longue liste de “Fuck” suivis d’une convention de JDR. Par exemple “Fuck les chaises, : restez de bout et faites de grands gestes !”.

C’est un livre laid mais beau. Simple mais complexe. Facile mais dur. Idéal pour débuter mais difficile d’accès. Bref c’est punk et c’est putain de bien.

Un vent de fraicheur ? Non. un vent de révolte, à l’odeur de graisse et de pétrole qui vient emmerder le rôliste classique qui est en nous ? Oui. Est-ce qu’on veut plonger dedans comme un porc se roule dans la boue ? OUI ! Est-ce qu’on ressortira de ce bain de boue sale, puant, crade mais heureux ? 100x OUI !

Je mettrais seulement un unique bémol : le jeu est idéal pour les initiations, car son système fait qu’on le prend vite en main. Cependant, au vu de l’univers, on peut vite tomber dans certains clichés et dans certains travers qui sont parfois gênants. Le jeu traite de sexualité et de violence crue, autant dire que ces sujets peuvent être choquants (ce qui est le but hein).

Du coup je le conseillerais certes en initiation mais avec une certaine forme de sélection des joueurs ou alors avec des mesures de sécurité émotionnelle (non ce n’est pas un gros mot, et arrêtez de grogner, ça va pas vous tuer …) pour éviter certains moments pouvant être difficiles. Certes le jeu est fait pour être dérangeant mais ça reste un jeu 🙂

Ceci dit je ne peux que vous conseiller cet ORNI (Objet Rôliste Non Identifié) qui va challenger sérieusement vos pratiques et votre vision du JDR ! De manière générale, jetez un œil au travail de Batro qui est juste incroyable !

Merci de m’avoir lu ! N’hésitez pas à commenter et partager cet article si il vous a plu !

Guillaume COEYMANS

Jeu de Rôle : une tentative de définition

Si vous lisez mon blog depuis longtemps, vous savez que j’avais déjà tenté une définition du JDR  il y a bien longtemps. Celle-ci ne me satisfait plus après des années d’affûtage de mon avis. Aussi je tente ici une nouvelle définition. Celle-ci est bien entendu subjective, incomplète et ne satisfera pas tout le monde. Mais bon, vivons dangereusement ! 

Une pratique, trois définitions :

En introduction, je vais vous expliquer comment je vais fonctionner pour la suite de l’article.

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Crash Reading : Mystères et Pains d’Épices

Aujourd’hui, on parle du JDR édité à compte d’auteur par L’antre du Gob. Il s’agit en réalité d’une traduction d’un jeu de Annie Rush, proposé à petit prix en vente directe (moins de 20€, livre et écran, frais de port inclus). C’est un ouvrage assez court, que je vais m’atteler à vous présenter ! 

Note : les Crash Readings sont une série d’articles que j’écris à propos de JDR (ou autre) que je lis mais que je n’ai pas encore fait jouer. Je ne veux pas appeler ça des critiques car sans l’avoir fait jouer, on ne peut pas vraiment se faire l’idée d’un jeu. Disons que je critique l’ouvrage plus que le jeu, à l’inverse de certaines critiques qui vont évaluer le jeu à partir de la simple lecture du livre sans l’avoir fait jouer (méfiez vous des critiques à J+1 de JDR qui font 600 pages…). 

De quoi ça parle ?

12 jours par an, à la période de Noël, la magie fait son œuvre. Les Bonshommes/Bonnesfemmes de pain d’épices prennent vie et vivent des aventures incroyables dans la maison. Vont-ils se lancer à l’assaut du Sapin ? Échapper au chien glouton ? Ou essayer de sauver leur ami un peu trop cuit ?

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RPGaDay 2018 – Le Challenge JDR : Suite & Fin

NOUVEL ARTICLE ! On fini le #Challenge #RPGaDAy2018 avec les réponses détaillées à ce questionnaire #JDR !

Suie donc du RPGaDAy2018 commencé sur mon Twitter (abonne toi like et RT 😀 ) et dont le premier récap est disponible ICI.

Jour 15 : Un JDR piégeux qui vous a finalement plu ?

Pas grand chose à ajouter 🙂 J’étais arrivé tard en convention et c’était la seule table qui n’avait pas démarré, j’étais moyen chaud, parce que j’aimais bien savoir à quoi je jouais (maintenant je suis plus ouvert ^^ ). J’ai vraiment bien kiffé même si l’univers ne m’était pas familier, la partie était vraiment sympa. Alors que si vous m’aviez dit “viens on fait un JDR Saint Seiya” je vous aurait probablement remballé (à l’époque, maintenant j’me suis asagi).

Jour 16 : Quels sont vos plans pour la prochaine partie ?

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Faut Qu’on Conv’ #7 : RPGers on y retourne !

On était à RPGers pour la deuxième fois, on vous raconte tout ça ! Découvertes, coups de gueule et déceptions !

Pour les 1 an des Faut Qu’on Conv’ on est de retour à RPGers ! Avant d’aller plus loin, je vous conseille donc de lire le FQC de l’an dernier parce qu’on va aborder les choses différemment aujourd’hui 🙂

Un mot de contexte avant de commencer à vous parler de cette édition 2018 de RPGers. Nous y sommes allés à deux avec le camarade Étienne, c’était pour lui sa seconde participation au festival du jeu et pour moi c’était une découverte. Donc nous n’aurons pas tout à fait la même vision de la chose.

Ensuite on ne va pas vous raconter en détail chaque partie et chaque jeu que nous avons faites car si on fait le compte, à nous deux, on est pas loin des 20 parties (JDR, J2S, ou autre) à vous raconter… Déjà que ça va être long, heureusement qu’on vous raconte pas tout 😉

Z’êtes prêts ? Alors c’est parti !

RPGers : coté néophyte

Donc me voilà en route pour Plaisance du Gers, je pars seul car pour des soucis d’agenda je n’ai pas pu partir avec Etienne à 6h du mat’ mais en milieu d’après midi. Arrivé sur place, une fois tente et affaires posées au camping créé pour l’occasion sur le stade municipal de la petite ville, direction la place du village pour le festival à proprement parler.

Alors y’a pas à dire, c’est grand, même si je suis habitué aux évènements de grande ampleur (voir ICI et LA ). RPGers, sans être comparable à ces évènements, donne une impression de quelque chose de très étendu tout en étant très familial, et ça c’est important. Je crois qu’au plus fort du week-end, jusqu’à une soixantaine de tables de JDR avaient lieu en même temps, sans compter le J2S et les différentes animations. Du gros chiffre quoi !

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RPGaDay 2018 : Bilan d’étape !


Aujourd’hui, c’est les vacances ET c’est férié, du coup je vous propose de suivre l’aventure RPGaDay2018 (suivez moi sur twitter pour l’avoir en direct 😉 ). En gros je vais développer ce que j’évoque en 250 caractères 😉 Voici donc les 15 premiers jours.

RPGaDay : kessessé ?

En gros, il s’agit d’une série de questions posées aux joueur-ses de JDR à travers tout le mois d’août, et vous l’aurez compris, avec une question par jour.

Le format est à la discrétion de chacun 🙂

JDR par jour
Voilà les différentes questions ! C’est en anglais mais je crois en votre talent 😉

Jour 1 : “Ce que vous aimez dans le JDR”

Pour le coup, je n’ai pas tant à détailler que ça. Je trouve que le JDR est l’un des plus forts pourvoyeurs d’histoires disponible actuellement.

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La Horde du Contrevent : Tempête dans un verre d’eau ou Tornade Révolutionnaire ?


Ça faisait longtemps que j’avais pas trainé ma plume du côté de la littérature ! Et c’est l’œuvre culte d’Alain Damasio qui m’a donné envie de m’y remettre 🙂 Alors on se penche sur cet ouvrage hors norme.
Attention, une section SPOILERS est prévue dans l’article, vous n’aurez qu’à cliquer pour la sauter 😉 Sinon pas de risques de vous faire divulgacher.

Et mon culte, c’est du poulet ?

Alors par où commencer ? Déjà, je pense, par détailler un peu la notion d’œuvre culte, au plan personnel. Partout, vous entendrez dire par ceux qui ont lu La Horde du Contrevent, que c’est un ouvrage culte, un incontournable pour eux.

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Faut Qu’on Conv’ HS #2 : Le BGF


Bonjour à tous ! Aujourd’hui on revient sur les 3 jours du Bordeaux Geek Festival 2018 (BGF) , l’un des rdv phares de la culture geek en Nouvelle Aquitaine ! Avant de vous en parler, j’ai un disclaimer à vous présenter : En effet, Lenno, l’entreprise qui gère le BGF m’a employé (d’abord en tant que stagiaire, puis bénévole puis salarié, dans cet ordre). Du coup je connais bien l’équipe et un peu les rouages de la machine. Cependant, c’était il y a maintenant quelques années, ce qui me permet de faire cet article avec indépendance et le recul nécessaire. Mais ceci étant, je me devais, par transparence, de vous le dire, et à vous de faire la part des choses en me lisant 🙂

Enfin, si c’est moi qui écrit maintenant, nous étions 3 sur place et chacun aura son mot à dire ! Bref, Enjoy !

Le Bordeaux Geek Festival, une jeune institution.

Né de la même équipe qui organise déjà Animasia (festival dédié à la culture pop aussi mais avec un prisme asiatique assez marqué) il y a 5 ans environ, le BGF a pour ambition de rassembler la culture “geek” avec un spectre plus large que Animasia.

Bordeaux Geek Festival

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Plutôt JDR foot ou JDR Rugby ?


Quelle que soit votre préférence, ça sera avec une bière ? 😉 Plus sérieusement, je me posais la question il y a peu, en regardant ces deux sports (Oui on peut être rôliste et aimer regarder du sport 😉 ) : ces deux sports ont une origine commune et pourtant, aujourd’hui leur expérience est totalement différente, pourquoi donc ?
Mais plus pertinent encore ; est-ce que cette dichotomie existe en JDR ? Je crois que oui, et je vous explique tout ça :

JDR foot : La fluidité et la continuité avant tout :

A mon sens quand on regarde une partie de foot de haut niveau, et qu’on est béotien, ce qui vient naturellement aux yeux c’est la fluidité du jeu : les phases sont longues, avec peu d’arrêts. Le jeu est continu et enchaine les actions.

Les arrêts de jeu, quand il y en a, sont assez brefs. Pour preuve, le temps additionnel dépasse rarement les 5′. L’intensité physique globale (pas celle des joueurs individuellement) est donc globalement linéaire ou avec une variation légère.

Soccer game
Regardez cette fluidité et cette continuité qui se dégagent de cette image ! (Comment ça “trop” ? )

Ce sont les aspects qui m’intéressent à retenir dans un JDR pour filer ma métaphore (un peu aléatoire j’avoue).

Lorsqu’on conçoit un scénario, du one-shot à la campagne on a l’idée du rythme qu’on veut donner à la partie. Plus que le rythme, on travaille la façon dont on va gérer le timing du jeu. On prend pour cela plusieurs facteurs, notamment le jeu et son système.

Tous les jeux ne favorisent pas la même gestion du rythme. En gros, on va retrouver les trois “fameuses” façons de jouer : narrativiste, ludiste ou simulationiste. Je n’y reviens pas trop car ce n’est pas le sujet, je préfère travailler sur la conception de la partie par le MJ. Soyez juste conscient de l’importance du système dans lequel vous vous placez.

Quand on prépare une partie de JDR “foot” on conçoit le jeu comme un continuum ininterrompu. Dans cette conception, il n’y a rien qui ne mérite pas d’être joué, rien qui fait sortir du jeu. Par exemple :

“Vous devez aller jusqu’au Donjon de La Mort Maudite”

Un MJ “footeux” va faire jouer le voyage mètre après mètre, gestion précise des ressources, des temps de repos, du matériel, de l’usure, etc. Ainsi le jeu ne s’arrête jamais, il n’y a aucun artifice scénaristique.

Voyageurs
J’espère qu’ils n’ont pas oublié le sel pour boucaner la viande !

Cette façon de voir le jeu est intéressante car elle crée, je trouve, une bonne immersion. Pas dans le sens où on se sent dans la peau des joueurs, plus dans l’idée d’être impliqué dans une quête de longue haleine. Après tout, même dans Le Hobbit, les ressources sont un enjeu important et une grande partie de l’histoire se concentre sur le voyage.

C’est aussi un moyen de mettre en danger les joueurs, qui, s’ils se savent en force pour affronter les adversaires qui viennent, doivent garder en tête que l’environnement lui aussi est un facteur qui peut les mettre en danger.

C’est plutôt une approche simulationiste mais je crois que ça peut s’appliquer dans énormément de styles différents pour créer une ambiance plus solide.

Enfin, je pense qu’à l’instar de ce sport, le JDR foot favorise de fortes individualités (individualités de personnages j’entends) pour un groupe relativement “fort” et homogène.

JDR Rugby : Dents de Scie et Pouf-pouf :

En revanche, regarder le rugby peut être dans un premier temps moins agréable. Ce sport est (beaucoup) plus haché et s’articule autour de temps de jeux fixes et déterminés. Au point qu’on parle de “temps de jeu effectif” qui pour certains matchs est autour de 50% du temps global du match !

Ici l’intensité du jeu sera donc en dents de scie, avec des pics très hauts (les “mêlées”) et des phases plus basses (le “replacement”).

Rugby
Ça a l’air nettement moins fluide, mais regardez l’intensité qui s’en dégage !

Les joueurs sont souvent amenés à se déplacer d’un point à un autre en dehors du temps de jeu. Par exemple, une touche, qui au foot est l’affaire de quelques secondes, pour le rugby est un phase essentielle, construite, réfléchie et potentiellement longue.

Ainsi l’impression globale est différente. Je pousserais même la comparaison à souligner qu’au foot on joue longtemps et on marque peu, faisant de la marque un pinâcle de tension, là où pour le rugby, on peut marquer souvent ce qui fait de la marque quelque chose de disons … plus commun, la tension du score est donc (en général) plus diffuse au long du match, plus continue pour le coup.

Et en JDR alors ? Un JDR mené par un MJ rugbeux transpirera (si j’ose dire) de la même énergie hachée, où le jeu évoluera de scène en scène sans rien au milieu. Je prend l’exemple de Bimbo dont les scénarios sont mêmes littéralement écrits comme des “scènes” sans liant autre que l’histoire globale.

Mais l’idée est là pour beaucoup de parties où l’on va de point en point en négligeant ce qui semble peu important. C’est parfois ce qu’un camarade (Big up si tu te reconnais) appelle le “Pouf – Pouf”. Par exemple :

Vous avez quitté l’auberge, vous avez votre équipement de prêt POUF-POUF *fait des passes avec les mains* vous voilà devant la porte du donjon !

C’est une approche discutable c’est sûr, mais qui a le mérite de garder une certaine intensité de jeu, dans le sens où les joueurs ont la sensation d’enchaîner uniquement des scènes épiques, ou du moins intenses.

Bien sûr, cette approche est plus “artificielle” que l’approche “foot” et les joueurs peuvent ressentir cet artificialité, à vous de juger si c’est compatible ou pas avec votre groupe.

Cette approche, selon moi, a tendance à créer des groupes plus hétérogènes mais plus complémentaires, voire à tendance optimisatrice. Comme une équipe de rugby où le Pilier ne joue pas tout à fait le même jeu que l’Ailier, par exemple, le Hacker ne joue pas au même jeu que le Corpo (dans un univers cyberpunk).

Curseurs et combinaisons :

Bon, c’est bien gentil tout ça mais vous vous doutez bien que la réalité est entre ces deux façons de voir les choses. Je dirais même plus, c’est une combinaison de ces approches.

Mais ce que révèle cette métaphore c’est, à mon sens, que l’un des curseurs qu’on peut manipuler pour influer sur sa partie est cette notion de rythme. Pas rythme au sens “rapide” vs “lent” mais plutôt “haché et intense” versus “fluide et continu”.

Je dirais même que c’est plutôt une question de “curseur de négligence” (ou “de négligeabilité” mais c’est bien plus dur à dire). J’entends par là le seuil à partir duquel le MJ estime qu’une action est négligeable et ne nécessite pas d’être jouée.

Curseurs
Spoiler : l’arrière de mon écran de MJ 😉

Pour reprendre les exemples précédents, le MJ décide que le parcours jusqu’au donjon est utile à faire jouer ou pas. Il n’y a pas de jugement de valeur du genre “il a raison c’est nul et chiant” ou “il a tort, moi j’adore” mais il y a réflexion sur l’ambiance et le style qu’on veut donner à la partie.

Ainsi c’est un curseur que je vous conseille d’explorer dans différents contextes, avec différents groupes et jeux.

Voilà pour cette réflexion un peu rapide mais que je souhaitais vous partager ! Je ne prétends pas avoir la science infuse sur le sujet, mais juste vous livrer mon opinion et ma vision des choses. Du coup n’hésitez pas à partager cet article, vos avis en commentaire et à suivre Homo-Ludis !

Guillaume COEYMANS

Faut Qu’on Conv’ #4 – Les XIX° Rencontres Ludiques du Dragon Libournais


Bienvenue dans “Faut qu’on conv’ “, les articles sur nos expériences en conventions ludiques ! Vous trouverez ici nos impressions sur les événements de nos confrères joueurs. Bien sûr, cela sera tout à fait subjectif, donc n’hésitez pas à donner vos propres impressions en commentaires 😉

Disclaimer : les rencontres du dragon (RLDL pour les intimes) est portée par l’asso du Dragon Libournais dans ma ville d’origine, ainsi que celle d’une partie de l’équipe. De plus depuis quelques années Étienne que vous lisez régulièrement sur Homo Ludis fait partie de l’asso et porte les rencontres (ou du moins le pôle JDR) sur ses épaules. Du coup c’est moi qui m’y colle pour plus d’objectivité 😉 Même si c’est une conv’ qui est chère à mon petit cœur de rôliste.

Les dragons : une institution !

Près de vingt ans que le Dragon Libournais anime la vie ludique de Libourne, ville moyenne dans les environs de Bordeaux. Les membres de l’association se retrouvent toutes les semaines pour faire vivre l’imaginaire ludique en libournais.

Affiche Dragon Libournais
Dix Neuvièmes rencontres du dragon libournais

Au programme : Jeu de Rôle bien sûr, mais aussi jeu de société, figurines, murders et GN et un important pôle Magic. Et depuis 19 ans donc, les Rencontres Ludiques sont l’occasion de fêter ensemble les loisirs ludiques tous ensemble, avec des tournois de Magic, des murders, du J2S, JDR et même des escape room (pas toutes les années cependant).

Autant vous dire que les RLDL sont bien installées dans le paysage de l’imaginaire ludique. Mais cependant, je pense que les RLDL souffraient de deux problèmes : un défaut de communication, qui faisait que l’affluence, notamment aux tables de JDR pouvait être faible, et aussi leur situation (relativement) excentrée de la métropole bordelaise. Je dis “relativement” car c’est à peine 30km et 25′ de train, pourtant les rolistes de la Belle Endormie ont une tendance à être casaniers…

Mais cette année, c’était parti pour changer ! La communication ayant été nettement plus solide (en direct, car les dragons se sont beaucoup déplacés, et en ligne). Se déroulant du 6 au 8 avril, avec une soirée le vendredi et une nocturne entre le samedi et le dimanche, me voilà parti (en bon flemmard, je m’étais pré-inscrit en joueur le samedi et MJ le dimanche) en direction de Libourne !

Samedi : Xénos, princesses & corridors :

Arrivée donc le samedi matin, de bonne heure avec de la motivation plein la tête et de la fatigue plein les jambes (longue histoire courte, comme disent les anglais, je venais de déménager x) ) me voilà dans la salle des Charruauds à Libourne pour démarrer ces RLDL !

Première chose qui me surprend, avant même d’entrer dans la salle : les voitures ! Le parking est bien garni, une première ! Gage d’une certaine affluence, voilà qui est bon signe ! J’entre, passé les formulalité d’usage et les salutations ad hoc aux camarades présents je me dirige vers la table où je m’étais pré-inscrit : Deathwatch.

Particularité saine, ici les tables sont annoncées en fonction, bien entendu du jeu, pitch, MJ et nombre de places mais aussi en fonction de la durée prévue pour la partie. Étant en petite forme, j’avais donc choisi une partie courte, sur un jeu que je ne connaissais pas (même si je connaissais le système et je connais bien, voire trop bien, l’univers).

Xenos hunters
Vous le sentez le jeu fin et délicat ? 😉

Je trouve cette initiative vraiment super intéressante ! Comme ça, les MJ peuvent jouer plusieurs fois, et les PJ peuvent moduler leur journée. De même, je ne cache pas ma préférence pour les partie “courtes”, ici 4/6h max.

De suite, je note ce qui va être un des soucis de ces RLDL : le bruit. Les tables ne sont pas vraiment isolées les unes des autres (si ce n’est par une pauvre grille). Mais bon, on le sait, en convention on est pas là pour la partie aux chandelles ultra-immersive, le plaisir est ailleurs !

Me voilà donc parti pour environ 5h dans la peau d’un Frère de la Deathwatch parti démolir du xéno. Comme je l’ai dit, je connais bien l’univers, mais pas les joueurs de la table. Aussi le MJ a passé beaucoup de temps à expliciter le background de Warhammer 40k, forcément lacunaire mais cependant suffisant. Personnellement, et je le dis à mon titre uniquement personnel dû à mon expérience propre (ça fait assez de précautions ? x) ) j’ai trouvé ça lent, fastidieux et qui a pu briser le rythme de scénario, au demeurant très sympa. D’autant que certes, le BG de l’univers était bien présent, mais les personnages n’en avait quasiment aucun ! C’est un peu dommage, j’aurai voulu m’attacher un peu à mon personnage …

Je vais quand même rappeler le BG de façon ultra succinte pour la suite de votre lecture (et croyez moi, c’est frustrant, car je pourrais tenir des heures à vous raconter l’univers de Warhammer 40k ^^). En (très) gros, les PJ sont des sur-humains génétiquement modifiés pour êtres de supers soldats, dans un unviers de space opera sombre, noir, dépressif violent et brutal. L’humanité y est notamment menacée par les Xénos (aka : les extra-terrestres) et la Deathwatch est une “task force” regroupant les meilleurs soldats génétiquement modifiés pour traquer et tuer les aliens.

Cependant je n’avais jamais joué à Deathwatch, mais j’avais déjà un peu touché au système Warhammer (grosso modo commun à Warhammer JDR et à tous les jeux 40k de chez Edge ) donc j’étais en terre familière. Dans ce jeu, l’un des défis est d’à la fois incarner des êtres supérieurement puissants mais d’affronter des dangers à notre hauteur sans nous faire sentir fragiles.

Force est de constater que le MJ a parfaitement relevé ce défi ! Nos Space Marines respiraient la puissance écrasante, notamment envers les humains randoms, pour autant chaque combat nous coûtait cher et nous laissait abimés. Mais nous ne nous sentions pas devant un défi insurmontable (sauf, visiblement, pour ce qui est de lancer des grenades où nous nous sommes révélés complètement inefficaces x) )

Donc ce fut une partie vraiment agréable, avec une équipe de PJ investie et un MJ dynamique. Sur le scénario, je ne développerais pas trop car je n’aime pas m’étendre dessus, je vous laisse plutôt l’occasion de découvrir, il était plutôt classique mais efficace, peut être un peu linéaire, mais pour moi ce n’est pas un défaut !

Playing
Photo par Les Ailes De Némésis

La partie s’étant donc terminée assez tôt, j’ai eu le temps de me balader et de déambuler dans la conv’. Assez petite au demeurant, elle était assez densément remplie. J’ai pu discuter de ça, de là, notamment avec Peggy qui représentait Sombre et La Loutre Roliste. Mais aussi Jeux Barjots que les bordelais connaissent bien, qui viennent s’installer à Libourne et bien d’autres gens.

Comme chaque année, je suis aussi surpris de la quantité de joueurs de Magic présents ! Clairement 60 à 80% de la fréquentations était constituée de magic-eurs ! Les tournois semblaient bien tourner et ça faisait plaisir à voir. Je ne croyais pas qu’autant de joueurs étaient investis dans ce jeu.

Magic Dragon Libournais
Quand je vous disais qu’il y avait plein de joueurs de Magic ! Photos par Les Ailes De Némésis

Enfin j’ai pu faire quelques J2S avant de repartir pour me reposer en vue de la journée suivante et voici mes “coups de coeur” de cette journée :

Princesse Jing :

Un jeu de positionnement et de secrets. Assez amusant, je vous laisse le découvrir, car le système est très simple, du coup je ne vais pas m’étaler dessus. Mais je signale juste qu’une partie du gameplay repose sur des miroirs qu’on cherche à positionner au mieux et à regarder le plus discrètement possible. Simple, efficace et drôle ! A tester 🙂

Quoridor

Un jeu abstrait ! C’est pas souvent qu’on en parler par ici alors profitez en 😉 C’est un simple jeu de positionnement dont les règles semblent méga simples (et le sont) mais où le jeu peu révéler une super grosse profondeur ! Pour les gens que vous savez un peu frileux aux J2S proposez leur celui-là. En plus c’est vraiment un bel objet, en plus votre budget ne sera pas martyrisé 🙂

Dimanche : Mr Blue, Poker & Koh-Lanta

Me revoilà pour le dimanche et dernier jour de la conv’, j’y suis en tant que MJ, à Delta Green, histoire de pouvoir me faire plaisir. Après avoir attendu mes joueurs quelques temps, la partie a pu se lancer, (merci aux copains des Ailes de Némésis au passage 😉 ).

Le scénario “Nuit De Poker” est issu du livret de l’écran V6 de Delta Green chez Sans Détour et est plutôt axé sur l’exploration que sur l’investigation. Il fait évoluer des militaires de l’US Air Force au rebut, presque à la cour martiale dans une base isolée, dernier placard avant la prison. Ambiance assez légère au final, que je trouve adaptée aux conventions où poser une ambiance lourde et faire peur à ses PJ est extrêmement difficile.

Delta Green by Homo Ludis
“Mais non vous allez pas mourir de suite !” Photo par Les Ailes de Némésis

Donc nous sommes partis pour quelques heures ensemble. Grâce à un groupe fonctionnel et une organisation au top, la partie s’est vraiment super bien déroulée. Juste que les tables aux alentours qui vivent aussi leur parties ont parfois interféré avec la nôtre. Mais j’ai déjà parlé de ça plus tôt 🙂

En gros ce fut un plaisir, d’autant qu’un de mes joueurs a gagné le titre de “Gros Pain” ainsi que le pain de 5kg qui l’accompagne pour ses actions pendant la partie ! (Oui, démonter un Vagabond Dimensionnel à la clé à molette quasiment tout seul est une performance qu’on peut qualifier de “gros pain”).

Merci aussi à mes joueurs de m’avoir permis d’être classé 2ème meilleur MJ de la journée ! Grâce à vous j’ai pu mettre la main sur “Terre²” de chez Blam ! Ce JDR m’a l’air bien sympa et je vous en reparle très vite !

Mais avec tout cela la journée avait bien avancé et je n’ai pu faire qu’un J2S mais celui-ci m’intriguait pas mal depuis quelques temps : Galèrapagos, une sorte de “Koh Lanta, coopératif mais pas trop”. Et bien c’est un jeu contre le jeu avant d’être compétitif, et comme tous ces jeux, le jeu est très fort. Mais ici il est VRAIMENT SUPER FORT ! En 3 parties (assez courtes), nous avons à peine entrevu une possibilité de victoire. Peut être parce que nous n’étions pas assez nombreux (auquel cas, il y a un souci d’équilibrage) ou alors parce qu’il faut beaucoup jouer pour progresser. Mais le matériel est bien joli et la mécanique huilée, à réessayer donc !

Conclusion :

C’était chouette ! Vraiment, on a vu beaucoup de monde, des gens qui venaient de loin, de près, des rolistes, ludistes et magicistes en nombre ! Et ça, ça fait plaisir !

Bravo à l’organisation qui est à la fois efficace, performante et dont le staff était vraiment sympa (Non, Etienne ne m’a pas forcé à écrire ça 😉 . Au niveau des améliorations, je dirais : l’isolation des tables. Même si au vu de la configuration des lieux, ça me parait très très compliqué (peut être chercher un nouveau repaire pour les XX° RLDL ?). Je dirai aussi de ne pas remplir les tables en lignes. C’est à dire de laisser toujours quelques places libres pour les camarades qui arrivent sur place le jour – j afin qu’ils puissent avoir le choix de la table.

Globalement tout était très bien, et on se donne rendez-vous en 2019 pour les 20 ans des dragons !

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Guillaume COEYMANS