Ludo-travaillons !

Cela fait un moment que cette idée d’article trotte dans mon esprit. Cela m’est venu de plusieurs expériences que j’ai eues de droite et de gauche. Je vous livre donc mes impressions ! Bonne lecture  🙂 

Travail, jeu et productivité ne sont pas incompatibles :
En effet, les exemples sont nombreux. Google ou Valve montrent que travailler avec une dose de “fun” permet une grande efficacité dans le travail et un bonheur au bureau non-négligeable.

Valve (créateur de Half Life, Counter Strike, Portal, Steam et bien d’autres)  par exemple, n’a aucun manager. Il y a même un panneau sur place qui indique que si l’on trouve un manager, on doit le dénoncer. Les bureaux sont montés sur roulettes afin que l’espace de travail se réorganise à l’envi. En effet, les développeurs peuvent se greffer à n’importe quel projet selon leur envie du moment. Un membre de l’entreprise peut travailler sur un projet seul pendant 2 ans, puis quelqu’un, intrigué, va se greffer au projet, puis quelqu’un d’autres etc. jusqu’à avoir une équipe de développement au complet. C’est l’un des  facteurs qui peuvent expliquer le “Valve Time” qui explique que Valve peut mettre beaucoup de temps à sortir un jeu, ou au contraire très peu pour en sortir plusieurs.

Google, faut il encore les présenter ? Eux, ont une politique très sociale au sein de leur entreprise. Coin sieste, cafétéria gratuite, salles de jeux, etc. A Google, on travaille 60% de son temps de travail, mais on y est bien plus efficace.

Ce que je veux démontrer à travers cela c’est qu’au travail, on n’est pas obligé de travailler. Cela peut être contre-intuitif, mais en fait c’est assez simple à comprendre une fois testé.

Je n’ai pas la prétention de dire que l’on doit tous appliquer les modèles Google ou Valve, ils ne sont pas adaptés à toutes les entreprises. Seulement il y a des moyens de mettre en place des choses simples pour rentre le travail ludique.

Et oui car nous y venons ! Après tout, vous êtes sur le blog de l’Imaginaire Ludique, il faut donc parle de ludique à un moment ! Alors voici mes idées ludiques à mettre en place au travail pour le rendre bien plus agréable !

Crise de Nerf :

Les Nerfs, mon âme de linguiste vous dirait que c’est presque une antonomase (comme Kleenex ou Frigidaire). Ce sont des pistolets en plastique lançant des fléchettes en mousse sans danger. Accessibles à bas coût en étant un peu attentif sur les promos, vous équiper en Nerf vous permettra de créer de réelles “Office Wars”, des guerres de bureaux dans lesquelles vous affrontez vos collègues à coup de fléchettes, fous rires garantis et défis en perspective (La compta VS les RH, attaques surprises, etc. ). Les risques sont quasi inexistants et la phase de ramassage des fléchettes (car il faut bien le faire) est une activité de cohésion amusante.

Prenez le temps de déconner

Un peu étrange comme formulation. Cependant, c’est une réalité, si vous ne prenez pas le temps de déconner avec vos collègues. Attention, il ne s’agit pas de la blague à la machine à café, mais de prendre le temps dans la journée, sur une période étendue, de faire des choses “non constructives” : jeux de plateau, élaboration de projets sans queue ni tête, etc. Ces périodes de déconnade vous permettrons d’être bien plus efficaces lors des phases “sérieuses” où il faut beaucoup travailler, car vous saurez qu’il y aura des phases pour décompresser.

Des salles détente :

Je pense que mettre en place un espace de détente bien équipé permet une bonne décompression. Une salle un peu isolée, avec une machine à café, et un jeu de table type billard, baby foot ou borne d’arcade permet aux personnes sur place de s’isoler pour décompresser. Pour moi cela est aussi important au moins qu’une salle de repas bien définie. Ainsi on peut se détendre et prendre un vrai break dans la journée. Faites confiance et faites vous confiance, ne comptez pas le temps passé dans ces salles, et vous verrez que l’auto-discipline sera de mise car l’envie de travailler sera bien plus grande !

Ainsi avec un minimum d’investissement, un peu de bon sens et de sens ludique, vous pourrez passer de bien plus agréables journées au boulot et y aller avec entrain plutôt que d’y aller à reculons.

Et vous, avez vous des stratégies que vous mettez en place pour rendre vos journées de travail agréables ? 🙂

Guillaume Coeymans 

http://www.journaldunet.com/ebusiness/le-net/avantages-des-salaries-chezgoogle/

http://blog.11heure.com/valve-ou-savoir-quoi-faire-quand-personne-nest-la-pour-vous-dire-quoi-faire

http://www.atelier.net/trends/chronicles/lentreprise-20-etre-ludique

MJ : De Maître du Jeu au Manager du Jeu

Encore un article qui vient de ma casquette de rôliste/communicant. J’ai vu des ponts évidents entre JDR et management. Je pense qu’il est important d’essayer de formaliser cela et de se dire qu’une partie se manage (presque) comme une équipe. 

Management n’est pas un gros mot :

Vous avez peut être tiqué à l’idée d’intégrer des concepts “barbares” comme le management au sein du noble art du JDR. Pourtant, pendant un JDR, un MJ gère une équipe comme un manager gère la sienne au final. Votre objectif est que l’équipe avance au mieux et réalise les siens dans les meilleures conditions.

Le management d’équipe est en plus un domaine proche de la psycho-sociologie, domaine de recherche particulièrement observé. Dans ce domaine il y a de plus de quoi trouver des quantités de techniques, astuces etc. afin que votre partie se déroule au mieux et que votre groupe soit des plus cohérents.

Il n’y a pas de honte donc à chercher des techniques de management efficaces sur des groupes réduits, que vous pouvez adapter au JDR.

Manager

Quelques conseils :

Prenez de la hauteur :

En effet vous, maître du jeu, devez “dominer” la partie afin de vous placer en position supérieure. Pourquoi  ? Pour que, lorsqu’il faut faire preuve d’autorité, vous soyez naturellement en position d’avoir un ascendant psychologique sur votre équipe.  Lorsque le groupe s’emballe, discute, n’écoute pas, ou lorsque vous devez décrire quelques chose d’important, vous devez pouvoir imposer le silence. Pour cela quelques techniques :

  • Levez-vous ! : C’est un des conseils les plus simples. Si vous êtes debout et les joueurs assis, vous allez être naturellement en position supérieure. Bien sûr, ça peut être difficile lorsqu’on joue longtemps ou que l’on a des douleurs, etc. … Trouvez d’autre techniques, comme de surélever le fauteuil et vous tenir bien droit. Cet ascendant vous permettra, croyez-moi, d’imposer votre présence quand c’est nécessaire.
  • Enclavez-vous ! :  Décalez vous par rapport au reste du groupe. Soyez en bout de table ou sur un fauteuil et non sur un canapé avec les autres joueurs.  Marquez bien votre espace avec votre écran et ne tolérez pas que l’on passe derrière même “juste pour voir” . Ainsi vous vous marquez comme étant à l’extérieur du groupe de joueurs : vous n’êtes pas à leur niveau, vous faites partie d’un autre cercle.
  • Imposez-en ! : Vous êtes le maître de la partie. Votre équipe a probablement un “leader” qui s’est dégagé. Cependant vous êtes au-dessus de ce leader, vous devez vous imposer à lui lorsqu’il le faut. Pour ça, pas de mystère: travaillez votre voix, soyez capable de parler fort et clair, ouvrez vos épaules et adoptez une posture sûre de vous, parvenez à mettre un terme à une discussion qui tourne à “l’enculage de mouche” (passez-moi l’expression).
  • Tranchez ! : Votre but n’est pas de tergiverser, d’interpréter et de discuter pendant des heures la moindre décision. Vous avez les cartes en main, vous savez où vous allez, pas vos joueurs. N’hésitez donc pas à arbitrer une décision. Vous verrez que le jeu n’en sera que plus fluide.
  • Asseyez-vous : Quoi ? Comment ça ? Je contredis le premier point ? Oui et non … En vous asseyant lorsque les joueurs sont en pleine réflexion-débat, c’est comme si vous vous “cachiez” derrière votre écran pour les laisser faire. Cette discrétion donne à vos joueurs la liberté et l’espace dont ils ont besoin. Ils sont en confiance et se sentent entre eux. Et lorsque vous vous relèverez pour enchaîner, le silence se fera de lui même.

Développez votre empathie

L’art du management est un art d’empathie. Vous devez être capable de “sentir” votre groupe afin de pouvoir vous comporter au mieux pour que tout glisse.  Pour cela pas de mystères :

  • Soyez attentifs : Votre groupe est un artefact social comme n’importe quel groupe de personnes. Repérez les leaders, les grandes gueules, les intellectuels, ceux qui parlent peu mais bien, l’optimisateur (ou grosbill), etc. … Les identifier vous permettra de gérer votre groupe au mieux.
  • Distribuez la parole : Lorsqu’une décision est prise ou que vous parlez avec vos joueurs, soyez attentifs à tout le monde, que tout le groupe se soit exprimé. Cette attention plaira aux joueurs plus réservés et leur permettra d’être plus à l’aise dans le groupe, car il seront écoutés quoi qu’il arrive.
  • Ménagez vos joueurs : Vous voulez finir le scénario parce que vous avez prévu un méchant super badass ? Un twist à couper le souffle ? Une superbe fin pleine de philosophie ? C’est super ! Mais sentez votre groupe, si celui-ci se fatigue, se disperse etc. … C’est à vous d’être capable de le recentrer et de le recadrer intelligemment pour que la partie s’enchaîne. Mais c’est aussi votre boulot de savoir quand lâcher prise. Comme je le dis ICI, si votre partie s’éternise, arrêtez les frais et reprenez plus tard. Ce peut être une simple pause de 15′, un passage au McDo acheter des sandwichs ou une remise à la semaine suivante. Au final vos parties n’en seront que plus agréables !
  • Soyez humble : Les joueurs autour de vous ont une vision différente du monde, du jeu au sens large et de ce que vous êtes en train de faire. Acceptez ce que font et ce que  proposent les joueurs, mettez-vous à leur place. Vous serez a priori en position supérieure si vous suivez mes conseils. Si vous ne faites pas preuve d’humilité, vous passerez pour quelqu’un de froid, distant et assez vite désagréable. Soyez ouvert, fun et accessible, équilibrez ça avec votre place de “maître” et vous verrez que vos parties seront mémorables pour vos joueurs. Indépendamment du jeu !

 

Bonus :

  • Soyez multi-tâches : Effectivement, être MJ c’est écouter plusieurs conversations, suivre plusieurs intrigues, gérer le scénario, les personnages et les joueurs. Le conseil que je peux vous donner c’est d’essayer d’en savoir le plus sur le plus de sujets possibles plutôt que de vous focaliser sur un en particulier. Ainsi vous aurez une vue globale du jeu et votre rôle de MJ va vous permettre de temporiser si vous devez chercher une info précise (dans le livre, auprès d’un joueurs en aparté, etc. )
  • Eclatez-vous : Pas de mystères non plus, vous devez vous amuser sinon le groupe en pâtira.
  • Maîtrisez la partie : Pour cela, ne laissez pas votre scénario partir n’importe comment : vous l’avez lu, bossé, voire même écrit, et s’il devient l’opposé de ce que vous vouliez, vous ne passerez pas forcément un bon moment. Quid de la liberté ? Me diriez-vous. C’est à vous de choisir un scénario permettant de la liberté ! Et non de prendre un scénario et de le laisser partir en vrille parce que trop cloisonné, il pousse les joueurs à “briser” les cloisons. Cependant un scénario a généralement un but à atteindre et si personne ne l’atteint, la frustration peut être réelle. Si les joueurs font n’importe quoi et ne sont pas cadrés, ils penseront que vous êtes un mauvais MJ. À l’inverse si votre scénario est trop “couloir, ils vous trouveront tyrannique. A vous de choisir et d’écrire avec intelligence pour proposer des parties équilibrées.

Voilà en somme une série de conseils qui viennent de mon expérience personnelle ! J’espère que cela vous a plu, et n’hésitez pas à vous abonner et commenter cet article si vous le souhaitez !

Guillaume Coeymans 

 

Mes 5 commandements JDR

Bonjour à tous ! Après un long moment d’absence dû à une surcharge de travail et une panne d’inspiration, me revoilà avec un petit best-of de mes pratiques préférées pour faire passer un bon moment de JDR, joueur ou MJ ! Bien entendu tout cet article est subjectif et reflète seulement ma façon de faire 🙂 Bonne lecture !

5 commandements

5 – L’intensité tu privilégieras :

Trop souvent je vois des parties de JDR qui s’éternisent parce qu’il faut “terminer le scénar”, à défaut de l’intensité des joueurs. Je vais en reparler un peu plus tard dans un autre article, mais la réussite d’une partie tient, pour ma part, au niveau d’énergie qu’on est capable de maintenir dans la partie. Si ce niveau baisse, la qualité du jeu baisse. Alors, MJs mais aussi PJs, n’hésitez pas si vous sentez que l’intensité de la partie baisse, à arrêter la partie. Je préfère de loin faire une partie en deux séances courtes et intenses qu’en une qui laisse une impression de “on était crevés on a fini à l’arrache”. Vivez votre partie, sentez votre partie, gardez votre énergie et vos parties en seront bien meilleures !

4 – Clair et concis tu seras :

Pour conserver l’énergie dont je parlais juste avant, il est nécessaire de ne pas trop délayer. Que vous soyez MJ et que vous ayez écrit 1 000 pages de livre d’univers (vécu) ou PJ et que vous ayez pensé chaque détail de votre personnage, il est important de garder cet “arrière-plan” en arrière justement. Ne sortez pas votre Background (BG, arrière-plan, histoire de fond) à la moindre occasion. Après tout, dans la vie on ne raconte pas les moindres détails de notre vie et de notre région d’origine 😉 Distillez avec intelligence les informations : si le tout est cohérent cela coulera de source. De même, soyez clair ! N’utilisez pas trop de formes alambiquées ou de citations obscures. Après tout, la plupart des descriptions ont lieu hors jeu, pas la peine de garder un langage ampoulé. Vous garderez ainsi une bien meilleure dynamique !

3 – Ton temps tu prendras :

En opposition au point précédent, il est parfois nécessaire de poser l’ambiance et de prendre le temps de décrire et raconter. Joueur ou Maître, c’est le moment de sortir votre BG, de mettre votre musique d’ambiance et de raconter une belle histoire. Un panorama, une ville nouvelle, un personnage important, tout cela nécessite de prendre le temps de s’y attarder. Mais ne tombez pas dans l’écueil de la lecture plate d’une description. Un bon équilibre entre le commandement 4 et 3 est indispensable pour une partie efficace.

2 – Des règles tu t’affranchiras :

Pour moi, les règles sont juste un outil pour guider la partie. Parfois, certains joueurs ou maîtres abusent du recours aux règles pour justifier leur action au détriment de la fluidité du jeu. Des joueurs qui font “Je peux faire ça, c’est dans le livre de base 3° édition chapitre X …” ou des MJ qui souhaitent absolument appliquer une règle précise et stoppent le jeu pour se référer au livre. Tout cela, à mon sens, nuit au jeu. Soyez souples avec les règles, tant que c’est pour le jeu et que cela est juste. N’oubliez pas, en revanche, que c’est toujours le MJ qui tranche, car lui seul connaît le déroulé du scénario et donc sait ce qui peut passer ou pas 🙂

1 – Des combats point tu n’abuseras :

C’est le point qui m’irrite le plus quand je vois certaines parties. C’est un peu la synthèse des 4 premiers points. Beaucoup de scénarios trouvent leur longueur dans la quantité industrielle de combats mis en scène. J’ai même envie de dire que ce sont des combats non-justifiés. Pensez, MJs, avant de programmer un combat, à vous poser ces questions : “Quelle est l’utilité de ce combat ? Est-ce que cela va leur permettre de prendre de l’expérience ? Est-ce qu’ils vont pouvoir récupérer des infos ? Est-il nécessaire de les affaiblir car ils sont devenus trop forts ? Etc. …” et surtout pas de “Zut, la partie est bien partie pour se finir dans 1h, alors qu’on avait prévu plus long, voilà 5 orcs pour les ralentir !”. Surtout que des combats trop longs ou trop fréquents risquent de faire perdre le fil aux joueurs, voire décrocher les joueurs les moins à l’aise avec le système de combat. Une partie plus courte que prévue est l’occasion de boire un coup, débriefer, faire un J2S ou autre 🙂 Un combat, au même titre qu’une séance de RP, est un engrenage qui permet de faire fonctionner la partie =) Je ne parle pas du combat final ou de la scène finale, car là, c’est un autre sujet !

Bonus – Les accents tu éviteras :

Pitié, une pensée pour tous ces gardes/agents de police/guets qui ont un accent du sud x)

Merci de m’avoir lu ! Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à le partager et à me rejoindre sur Twitter ! Si vous avez une question, une remarque ou quoi que ce soit d’autre, n’hésitez pas à commenter cet article ! =)

Sans Détour, un succès surprise?

J’ai décidé d’écrire cet article “à froid” une fois toute la “hype” sur leur campagne de crowdfunding passée. Il est intéressant car il fait étonnamment écho à ce que je disais dans mes articles “JDR2.0 : Echec Critique” et “Financement participe-hâtif ?”. Bonne lecture ! 

Une campagne bien menée

Retour sur les faits : Sans Détour, l’éditeur de l’Appel de Cthullhu, probablement mon JDR préféré, s’est lancé dans une campagne Ulule. Personnellement je suis fan de ce que fait cet éditeur. Leurs jeux sont complets, extrêmement bien maquettés et leur talent d’écriture n’est plus à prouver. J’ai eu l’occasion à deux reprises de les rencontrer et ils se sont avérés être des gens sympathiques, aimables ouverts et drôles. Alors évidemment, lorsque j’ai appris l’arrivée prochaine d’une nouvelle édition (la 7°), j’étais aux anges ! Surtout que Sans Détour nous a habitué à des éditions limitées de grande qualité et je m’attendais donc à du grand spectacle.

Et je n’ai pas été déçu : l’édition Prestige proposée était vraiment très qualitative. Belle présentation, contenu unique intéressant, paliers alléchants inclus. Bref, tout pour faire craquer, à un prix “relatif” assez bas. Les nouvelles illustrations semblent toutes vraiment belles ; le contenu bien fichu et surtout la rétrocompatibilité ont fini de me convaincre que tout cela valait vraiment la peine et que l’édition marquerait son temps.

La campagne a donc démarré sur les chapeaux de roues. En effet, l’éditeur demandait 10.000€ comme somme de départ pour l’aider à boucler cette fameuse V7. L’objectif fut atteint en pas moins de 25 minutes sur les 30 jours prévus ! Commence alors la valse des paliers tous plus invraisemblables les uns que les autres. S’ajoute à chaque fois du contenu à l’édition prestige, qui finit par être un réel bon investissement, avec à vue de nez plus de 300€ de matos pour 170€ (frais de port compris). J’étais aux anges, surtout qu’autour de cela s’est créée une vraie émulsion, en témoigne le nombre incroyable de commentaires et d’interactions entre participants mais aussi avec l’éditeur, celui-ci ayant modifié et ajouté des contreparties en fonction de ce qu’il se disait.

De plus, l’éditeur a fait preuve d’un bel effort pour être présent sur les réseaux et dans les différents médias disponibles (blogs, presse spécialisée). C’est d’ailleurs ce qui m’amène à la seconde partie :

Une campagne trop bien menée ?

Plusieurs choses m’interpellent : L’objectif de la campagne était-il réaliste ? Sans-Détour est tout à fait au courant des volumes de vente qu’il fait habituellement, et proposer une somme de départ si basse était à mon avis soit un manque de confiance en ses clients soit un pur coup de com’. Ce qui me mène à me demander pourquoi des contreparties jusqu’à 400 000€ étaient disponibles alors que leur objectif initial était 40 fois inférieur (soit une réussite de plus  4000%!!). On sait que certains projets explosent sur les sites de crowdfunding, mais se positionner dès le départ  comme envisageant de dépasser autant son budget initial, c’est discutable. D’autant que ces contreparties sont arrivées vites, et non comme si elles avaient réellement surpris l’éditeur. Qui sait ce qui nous attendait si les 400.000 avaient été dépassés plus tôt ?

On a pu voir aussi, comme je le disait juste avant, un bel exemple de suivi en ligne sur les réseaux sociaux, habituellement peu investis par l’éditeur. Suivi en temps réel, revue de presse, relances : tout y était. A croire que l’éditeur a engagé un Community Manager sur la période du financement, ce qui n’est pas un mal, loin de là ! Enfin une campagne de relations presse semble avoir été mise en place, en témoignent les très nombreux relais qui se sont fait sur cette campagne (je mets une petite liste non-exhaustive en fin d’article).

Un exemple à suivre ?

Au final, je ne peux que me réjouir du succès de cette campagne ! Tant sur un aspect purement rôliste, car l’édition ainsi proposée est richement augmentée et témoigne d’une réelle mobilisation de la communauté lorsqu’elle le veut. Et sur un aspect communicationnel, car Sans Détour à fait la preuve (comme je le suggérais ici ) qu’une bonne campagne de communication et de marketing (appelons un chat un chat et un Grand Ancien un Grand Ancien) n’est pas irréalisable. Mieux, cela porte ses fruits ! L’éditeur a parfaitement réussi son opération et c’est exactement ce que je voulais voir faire.

En revanche, je reste circonspect sur la grosse prolifération de financement participatifs que l’on voit fleurir un peu partout, car voir ce modèle devenir une norme m’inquiète. Il faut dire qu’en passant par du crowdfunding, on court-circuite les boutiques, piliers de la culture rôliste. Certains prennent cela en compte, comme Raise Dead et le financement du retour d’INS/MV qui comporte des contreparties dédiées aux boutiques ou encore Knight et ses contreparties boutiques.

Enfin pour finir, je tiens à réitérer mon affection pour Sans Détour, ses produits et sa philosphie. Il me semblait important de revenir sur cette campagne qui a fait tant de bruit. Espérons maintenant que tout cela va se pérenniser…

Merci de m’avoir lu et n’hésitez pas à commenter cet article, le partager s’il vous a plu et me suivre sur Twitter notamment ! =) 

Guillaume Coeymans

Sources – Revue de presse :

http://www.scifi-universe.com/actualites/15287/l-appel-de-cthulhu-v7-la-souscription-est-terminee

http://www.actusf.com/spip/breve-16203.html

Un crowdfunding pour la 7e edition française de L’Appel de Cthulhu

http://www.trictrac.net/forum/viewtopic.php?f=29&t=146583

et bieeeeeen d’autres 🙂

JDR 2.0 (suite), 8 solutions pour s’y mettre en douceur !

Bonjour à tous !

Je vous expliquais il y a peu, dans mon article JDR 2.0 : Echec Critique, comment le marketing et la com’ peuvent faire bon ménage avec le JDR (non ce n’est pas un gros mot que de dire ça !).  Il y a eu beaucoup de réactions toutes intéressantes, et je pense que la “peur” qu’inspirent ces méthodes est totalement injustifiée. On m’a notamment dit que les structures étaient trop petites et donc ne pouvaient pas faire de webmarketing, community management, etc. … Ce à quoi je réponds : C’est faux ! Et je ne sors pas cela de ma manche, quelques articles sont sortis sur le sujet il y a peu, je les partage pour que vous vous fassiez votre idée  🙂 Bonne lecture !

Tout cela peut paraître un peu barbare mais je pense que tout cela a sa place dans le monde du JDR et du J2S : l’exemple de Sans Détour et de son crowdfunding record représente bien la réussite que peut amener une campagne digitale efficace (on va y revenir dans un article futur). N’hésitez pas à commenter et partager cet article s’il vous a plu !

Guillaume Coeymans 

Transmédia, Crossmédia, Le jeu de plateau 2.0 ?

Trois semaines pour sortir mon article alors que je me fixais un rythme hebdomadaire … Plusieurs raisons : beaucoup de travail qui m’a ralenti et le succès de mon dernier article qui m’a un peu “effrayé”. Rajoutez à cela un thème pas évident à traiter et vous obtenez du retard. Dès aujourd’hui je reprends un rythme plus régulier ! 

L’idée de cet article m’est venue en constatant depuis peu que pas mal de jeux (plateau et JDR) étaient réédités en jeu vidéo, que ça soit une adaptation stricte des règles, ou un enrichissement du jeu. Si vous ne le savez pas encore, je suis passionné de Cross-média et Transmédia  (je vais y revenir) et je me suis donc demandé si il y avait une part de trans/cross média dans le jeu de société… Ci-suit donc le fruit de ma réflexion ! Bonne lecture 🙂 

Transmédia et Crossmédia ? Kessessé ?

Commençons par le début, Le Crossmédia :

Au début, était le Crossmédia (que l’on appelle aussi parfois le multimédia, terme qui ne désigne plus la même chose). C’est une stratégie marketing qui décline un univers, une marque, un concept sur plusieurs médias afin de créer une image cohérente et complète. Chaque itération sur chaque média est une représentation complète de l’univers qui l’inspire. Typiquement, on aura, une bande-annonce, une affiche et un spot radio par exemple. Chacun reprend tous les éléments constitutifs du produit et n’en augmentent pas l’univers.

C’est le principe de base de la plupart des campagnes de com’. De nos jours, personne ne fait “juste” de l’affichage ou du spot TV. D’autant plus que depuis la fin des années 90 (vous l’avez peut être aussi remarqué mais c’est subtil) est apparu un nouveau média, Internet (drôle de nom ?) et depuis quelques années, les réseaux sociaux. Ils ont radicalement changé la façon de communiquer son univers et son image, de part la création de communauté et l’interactivité qu’offre ce média.

Une transition toute trouvée pour :

Le Transmédia, héritier légitime du crossmédia :

Le Transmédia lui, est plutôt à caser dans ce que l’on appelle le storytelling. C‘est une forme de narration interactive ou chaque média de communication ajoute une pierre à l’édifice, à l’image que bâtit une marque. Chaque contenu est différent et permet de créer un tissu de médias, un canevas avec lequel l’utilisateur tisse l’histoire de la marque. C’est une excellent moyen d’impliquer l’utilisateur et de raconter de belles histoires (marketing certes, mais belles histoires quand même !). Par exemple, vous dégottez sur le net un site sympa dont le contenu vous plaît, puis l’univers de ce site apparaît à la TV ponctuellement et enfin à une application dédiée sur votre smartphone qui propose encore un contenu différent (Le Gorafi fais ça plutôt bien, entre son site et sa chronique au Grand Journal, la série Lost en était aussi un bon exemple !). Et je ne cite même pas Star Wars et son “univers étendu” ou encore Matrix !

La com’, le marketing, OK, mais quel rapport ?

L’imaginaire ludique, un nid d’initiatives trans/crossmédia

Et oui, depuis l’essor des cultures de l’imaginaire, on note une réelle volonté d’étendre les univers sur plusieurs médias. Des livres aux films, en passant par les séries ou jeux vidéos, tout est prétexte à aller de plus loin dans la création. Comme évoqué juste avant, Star wars est l’archétype de ce genre d’extensions. On compte des jeux vidéos, des jeux de figurine, des livres, des films bien entendu et même des séries animées. Ce qui est particulièrement intéressant dans ce cas, c’est que chaque média apporte une pierre à l’édifice pour concevoir ce que l’on appelle “l’univers étendu de Star Wars“.

L’autre univers que j’aime à citer comme bon exemple de Transmédia c’est l’univers Games Workshop (en particulier les licences Warhammer et Warhammer 40.000). A la base un simple Wargame (jeux de stratégie avec figurines), il s’est peu à peu étendu en jeux de plateaux, livres, jeux vidéos, JDR, etc… Encore une fois, chaque média participe à l’univers en général.

Cependant, ces cas restent l’exception, et la majorité des adaptations tiennent plus du cross média que du transmédia. Pensons par exemple au Seigneur des Anneaux. Globalement, les films sont des adaptations des œuvres de Tolkien et n’apportent pas de substance significative. De même, les jeux de plateaux et jeux vidéos ne permettent que de revivre des morceaux d’histoires. Ce n’est ni mal ni bien, c’est simplement une perspective différente. D’autant que l’œuvre de Tolkien est largement assez vaste pour fournir du contenu à tout un tas de supports.

Si vous regardez bien, la plupart des adaptations sur d’autres médias, sont justement des … adaptations et non des constructions supplémentaires. Je le répète il ne s’agit pas d’un jugement de valeur, j’essaie simplement de faire le tour de ce que je vois en termes de multimédia dans l’Imaginaire Ludique. Et, de plus, le transmédia s’installe de plus en plus grâce aux facilité d’accès aux différents médias et à l’importance du Storytelling.

Les initiatives qui me plaisent le plus :

Pour continuer sur Games Wotkshop, je vais parler de Space Hulk, un jeu de plateau très sympa sorti dans les années 80, devenu culte pour beaucoup, entre autres parce qu’il n’a jamais été réédité. Il a été adapté en jeu vidéo il y a bien longtemps, adaptation classique du crossmédia à l’époque convertissant un jeu de stratégie en FPS (jeu de tir subjectif). Puis la licence est tombée dans l’oubli jusqu’en 2013 où une nouvelle adaptation sort. On est sur de l’adaptation littérale à la règle près du jeu original. Certes on retrouve l’esprit du jeu, mais ce qui est adapté à un Jeu de Plateau ne l’est pas forcément à un jeu vidéo, et celui-ci apparaît donc assez ennuyeux et répétitif… Qu’à cela ne tienne : l’éditeur prend le problème à bras le corps et sort l’année suivante une nouvelle version qui part des règles de base mais y inclut des notions de RPG et une dose de dynamisme en plus. Cette nouvelle version est elle, un succès.

Je cite aussi un exemple inverse mais proche, Blood Bowl, qui lui propose soit une adaptation stricte des règles soit un mode plus libre, et pour le coup, l’adaptation stricte des règles est bien plus sympathique ! Mais, on apporte aussi des nouveautés grâce à l’introduction de nouvelles races qui n’existaient pas dans la jeu de plateau.

J’apprécie aussi le jeu de plateau XCOM adaptée de la licence éponyme (sans parler de X-Corps JDR, adaptation officieuse, mais très sympa !). Ce jeu de plateau à la particularité de se mixer avec une application smartphone/tablette permettant de suivre les informations de jeu, ou encore via l’application, jouer contre une IA. Le jeu n’est pas encore sorti en France mais je suis assez impatient, cela me paraît vachement intéressant comme concept !

Voilà pour un petit tour d’horizon du trans/cross média, je ne pense pas que ça soit une révolution du J2S mais plutôt une évolution, un chemin à prendre vers de nouvelles interactions ! Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à partager (vous avez les boutons sous l ‘article), à commenter et me suivre (sur WordPress ou les réseaux sociaux à droite). Merci de m’avoir lu ! =)

Guillaume Coeymans 

Pour aller plus loin : 

– http://www.starwars-holonet.com/ : Star Wars Holonet, excellente ressource quasi exhaustive sur l’univers de SW.

– http://fr.lexicanum.com/ : Le Lexicanum, encyclopédie participative des univers Games Workshop

Sources : 

http://gusandco.net/2014/08/12/jeux-de-societe-transmedia-un-top-ou-un-flop/

http://gusandco.net/2014/04/03/tendance-le-crossmedia-lavenir-du-jeu-de-societe/

Cross(média) et Trans(média) sont sur un plateau

http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/24006/HERMES_2006_44_33.pdf?sequence=1

http://www.culturecrossmedia.com/strategies-cross-canales/definition-crossmedia/

FIJ de Cannes

Bonjour!

Juste en passant, j’aurai beaucoup voulu vous parler du Festival International du Jeu de Cannes, mais les contraintes font que je n’ai pas pu y aller du coup je ne vais pas vous raconter un événement auquel je n’étais pas !
Mais j’ai tout un tas d’idées sur d’autres sujets, donc à très bientôt !

Guillaume Coeymans 

JDR 2.0 : Echec Critique

Comptes sur les réseaux vides, absence de publicité, sites hors d’âge et j’en passe ! Il est temps que l’univers du Jeu de rôle se mette enfin à communiquer réellement. Petit état des lieux et avis personnel =) Bonne lecture ! 

2014-05-06-socialmedia

des_jdrRéseaux sociaux, une terre de mission :

Au vu de la spécificité du public rôliste, éclaté, (relativement) peu nombreux mais très très motivé pour participer à la vie rôliste, les réseaux sociaux et la présence en ligne sont vitaux à l’heure du web 2.0. Que ça soit pour les boutiques, magazines ou éditeurs, le boulot à faire est encore très important, mais cela peut tout à fait porter ses fruits et faire entrer le JDR dans le 21° siècle. Faisons un petit tour de ce qu’il se fait :

Des blogueurs au point

On va commencer par ce qui marche bien, c’est à dire les blogueurs. Je citerai simplement pour l’exemple Saint Epondyle, Gus&Co ou Kerlaft. Ces blogs sont complets, bien alimentés et ont une réelle ligne éditoriale. De plus, consciemment ou non, ils mettent en place une vraie stratégie de contenu avec diffusion de leurs articles, suivi et animation de leurs pages/comptes/blogs. En termes purement techniques, leurs blogs sont généralement agréables, bien fichus et au point.

Des boutiques qui font le boulot

Les boutiques spécialisées dans la vente de JDR sont étonnamment présentes sur les réseaux et plutôt efficaces. Le meilleur exemple à ma connaissance, c’est la jeune boutique Game Fu Saint Médard ( Ici, là et ). Pas grand chose à redire: comptes animés, avec chacun leur contenu, site ergonomique et agréable, personnel accessible. Vraiment, pas grand chose à redire. Sinon, en cherchant un peu sur Twitter on trouve nombre de boutiques qui alimentent un contenu avec leur public (généralement local) et créent un vrai lien de proximité.

Des éditeurs à la traîne …

Nous l’avons vu, les blogs et les boutiques sont dans le coup, dans le mouvement. Mais les éditeurs, les poumons du monde rôliste, eux, ont un vrai retard à combler dans ce domaine. Je suis pas mal d’éditeurs sur les réseaux (notamment : Black Book, John Doe ou Edge) et à part certains … Et bien c’est le désert: une news tous les 2 mois, mal formulée et sans interaction. Voire carrément une info hors sujet ou n’intéressant que très très peu de gens. Leurs twitters (quand ils existent) sont soit morts, soient vivotent automatiquement sans aucune interactivité. Les sites sont (désolé si vous êtes éditeur et que vous me lisez) généralement navrants, issus directement de la fin des années 90 et n’ont pas réellement évolué depuis.

Ce qui me fait particulièrement mal, c’est l’absence de community management. Vous l’avez peut-être senti en lisant le paragraphe précédent, l’interactivité est quasi-nulle avec la communauté. Or, la communauté rôliste est justement la force de ce milieu et les éditeurs passent, je pense, clairement à coté d’une occasion de se donner une visibilité et une image bien meilleure que celle communément admise dans l’imaginaire populaire.

Une communication traditionnelle particulière :

 Il faut rendre à César ce qui est à César

En effet, la communication dans l’univers du JDR a ça de particulier que c’est un secteur de niche. La communauté est restreinte et peu médiatisée, le grand public n’y est quasiment pas sensible. Cela réduit donc les possibilités de destinataires de dossier de presse, communiqué de presse, etc… Une autre particularité est que les principaux magazines papier (notamment Casus Belli) sont tenus par des éditeurs, ce qui fait qu’il est un peu compliqué de communiquer pour la concurrence. Bon, dans les faits, la concurrence dans le milieu est loin d’être un nid de frelons ; il y a une certaine porosité.

Il en va de même pour tout ce qui va être de la Publicité sur Lieu de Vente (PLV). On en trouve en général un peu dans les boutiques spécialisées, pour les sorties des “gros” JDR par exemple (Appel de Cthullhu, Donjons et Dragons, Pathfinder, …). Mais ça reste toujours très modeste. De façon générale, tout ce qui est print est assez limité sauf lors de manifestations particulières. C’est donc une transition toute trouvée pour

L’événementiel, charnière de la communication rôliste

Comme dans beaucoup de secteurs de niche, la communauté rôliste et les acteurs du milieu se retrouvent lors d’événements dédiés ponctuels. Au delà de la communication externe quasi inexistante pour ces événements, c’est la présence toujours forte des professionnels sur place. Les éditeurs sont prêts à faire de la route (parfois même à traverser toute la France) pour être sur une journée ludique et y tenir un stand. C’est généralement pour le public de rencontrer les gens qui éditent les livres qu’ils aiment et de faire des bonnes affaires. C’est là qu’on va trouver de la bonne PLV (Kakemono, stands bien achalandés, posters, etc. …). Le nombre de ces événements étant assez élevé (parfois appelés rencontres, conventions, etc. … ) les éditeurs sont relativement accessibles et font une part de leur promotion de cette manière. Cependant, cela ne touche qu’une part seulement des rôlistes: ceux qui se déplacent en convention. Les autres, eux, n’ont pas accès à ce type de communication.

 

Qu’en conclure ?

Un public spécifique

Ce qui me paraît essentiel c’est de tenir compte de la spécificité de la communauté et du public rôliste. On doit connaître son public pour communiquer correctement avec lui. C’est une base absolue autour de laquelle on doit structurer la communication. C’est un public relativement restreint et éparpillé, qui a une certaine prédisposition à la discrétion. Le rôliste n’est pas présent dans l’espace grand public (sauf exceptions), mais en tant que communauté, il se retrouve souvent dans des espaces spécifiques. C’est notamment le cas des boutiques spécialisées et d’événements dédiés.

Mais, la plupart des rôlistes étant bien connectés, ils se retrouvent beaucoup sur les internets pour échanger, s’organiser (des parties ou des événements) et se retrouver. C’est en général sur des forums mais aussi sur les réseaux sociaux, terrain peu investi par les professionnels.

Une opportunité à saisir !

Clairement, la présence sur les réseaux sociaux et sur internet de façon générale est un point faible des professionnels du jeu de rôle (alors qu’étonnamment, les entreprises de jeu de société sont très performantes dans le domaine). Le community management presque inexistant est un talon d’Achille pouvant réellement nuire aux entreprises.

Mais je suis plus qu’optimiste ! Je pense que la première entreprise, le premier éditeur qui saisira le problème à bras le corps aura clairement un avantage sur les autres ! N’ayez pas peur de la com’ ! N’ayez pas peur du numérique ! N’ayez pas peur du marketing ! Ne pensez pas que parce que vous êtes une petite structure vous n’avez pas les moyens de vous y mettre. Sinon c’est un cercle vicieux “je n’ai pas d’argent pour communiquer, du coup ma boite ne grandit pas, du coup je n’ai pas d’argent pour communiquer, etc…” Il y a du travail, mais cela en vaut la peine !

Et rassurez vous, vous ne vous vendez pas parce que vous faites de la communication, vous ne trahissez pas le JDR parce que vous êtes visibles, vous n’êtes pas un mauvais rôliste parce que vous vous intéressez au grand public et à votre expansion =)

Merci de m’avoir lu !

Guillaume Coeymans

 

Sources : 

Crédits image : https://juliepoupat.files.wordpress.com/

Financement participe-hâtif ?

J’ai eu l’idée de cet article en parcourant des sites de jeux de société et jeux de rôles. En effet, beaucoup utilisent le financement participatif de nos jours. Certains (comme les Ludopathes) s’en font même une spécialité. J’ai du coup décidé de revenir sur le sujet. Si j’ai voulu écrire cet article, c’est, entre autres, à cause de l’explosion du budget du jeu de plateau Conan qui a récolté pas moins de 2.8 millions de dollars sur un budget de 80.000$ demandés ! Autant sur un jeu vidéo, je peux comprendre que plus on a d’argent, plus on peut faire de choses, mais un jeu de plateau reste moins complexe à créer. La création d’un jeu de plateau ne demande pas presque 3 millions ! Et ce sans compter les ventes du jeu ! Que vont faire les créateurs de tout cet argent ? N’hésitez pas à me faire part de votre avis dans les commentaires =)  Bonne lecture ! 

Financement participatif, de quoi on parle ?

Le Monde explique le financement participatif ou crowdfunding comme étant un moyen pour des épargnants de financer en masse un projet via internet. Concrètement, il s’agit de faire une promesse de don à un projet en échange d’un accès dès la sortie de ce projet et de contreparties exclusives selon l’investissement de base (d’un simple remerciement à des cadeaux très chers). Ce type de financement connaît un certain engouement depuis quelques années, avec des sites comme l’incontournable américain Kickstater, le fleuron européen Ulule  ou KissKissBankBank.

Ces sites permettent à de gros projets d’exister, le cas notamment de l’Occulus Rift. Mieux encore, l’histoire d’un des plus retentissants succès Star Citizen  qui, après avoir atteint 2 millions d’euros (soit plus de 430% du budget demandé à la base), a fini par dépasser les 43 millions d’euros de dons ! Et ce n’est pas tout ! Le jeu vidéo a atteint les 70 millions de budget ! ce qui le met en concurrence avec les jeux Triple A (tels que Battlefield ou GTA).

Alors, bien entendu, tout n’est pas rose dans le monde du financement participatif. Pour des projets comme ceux-là, beaucoup n’arrivent pas à leurs objectifs ou y parviennent tout juste. D’autres abusent du système avec des projets absurdes (voir cet Américain et ses 35000$ pour faire une salade).

Globalement, je suis plutôt favorable au principe (j’ai moi même participé à quelques campagnes) mais je reste prudent quant aux dérives du système et au cadre judiciaire complexe.

 

Imaginaire Ludique et CrowdFunding : Exemples

On arrive donc à ce qui nous intéresse. Grâce à ces financements, des projets de petite ampleur peuvent trouver des fonds pour se lancer et vivre grâce à une base solide de fans. Cela paraît donc un système tout adapté aux jeux de rôles ou jeux de plateau. En effet, les fans peuvent être séduits par un concept et sont prêts à donner un peu pour aider à la publication de leur jeu. L’avantage est que, la plupart du temps, les budgets demandés sont relativement peu élevés (de 1500 à 10000€ en moyenne – même si il y a des exceptions). Comme je le disais plus haut, les Ludopathes (éditeur de jeu de rôle français) se sont spécialisés dans ce type de financement (20 projets en 3 ans). Ils créent du contenu de qualité et améliorent le contenu en fonction des objectifs dépassés (ou non).

Citons aussi Sans Détour-Play & Win qui s’est lancé depuis peu dans le financement de jeux de plateau par ce biais là, comme en témoigne leur projet Fireteam Zero et son étonnant succès.

 Perspectives

Il est intéressant de voir qu’en googlant “jeu de rôle financement” on trouve beaucoup de projets. C’est là que çà commence à sérieusement me gêner: ce type de financement ne doit pas devenir la norme. Je m’explique : il est impensable de voir les boutiques se vider de leurs jeux (mis à part les indétrônables, tels que Donjons et Dragons, Munchkin, etc….) au profit de jeux uniquement disponibles aux souscripteurs. Car au final, si cela se poursuit, que risque-t-il de se passer ? Les éditeurs ne prendront plus le risque de publier un livre ou une boite de jeu, sans compter les frais de distribution et les marges des magasins. Ils feront une campagne de crowfunding et fourniront directement par internet à leurs souscripteurs. Et comme leur communication laisse à désirer (j’en reparlerai plus tard dans un autre article) tout cela sera synonyme de renfermement sur soi et de privation de ventes grand public. J’extrapole, mais pas tant que ça … C’est clairement un risque sur ce domaine.

De même, qu’en sera-t-il de l’innovation si l’on doit toujours se fier à ses souscripteurs, qui plus est quand ceux-ci sont des habitués ? Est-ce que tout cela ne sera pas la porte ouverte à des clones réguliers ? Non, je ne pense pas que ça soit aussi marqué que ça. Par exemple 7eme cercle et son tout nouveau X-Corps reprend un squelette quasi identique d’un autre de leur jeu (Z-corps …) mais en sort un jeu relativement différent. Mais sans passer par le crowdfunding ! Alors qu’ils avaient su publier avant Night’s Black Agent (bel exemple de jeu innovant), toujours sans crowdfunding. Et ces jeux se vendent bien et se passent du crowdfunding.

J’entends les arguments exactement contraires me disant que justement, le financement participatif permet à des jeux réellement innovants et nouveaux de voir le jour. A cela, je réponds: l’imaginaire ludique est un monde de niche où ce genre d’innovation est parfaitement possible sans passer par le crowdfunding – en témoignent les publications d’Oltréé!, Dés de Sang ou Parsely. Ces Ovnis ludiques ne pourraient pas être publiés dans des secteurs plus “classiques” (édition traditionnelle notamment) car trop spécifiques et trop peu de chances d’avoir un grand nombre de ventes.

Là où le financement participatif a sa place, c’est à mon avis dans le “revival” de vieux jeux. Je pense surtout aux anciens jeux qui ont marqué leur temps mais qui, par manque de motivation et de financement, n’ont jamais pu être réédités. Le légendaire In nomine satanas / Magna Veritas (INS/MV) est en plein dans cette phase ou le retour de Saint Petersbourg début 2015. Grâce à cela les aficionados retrouvent leur jeu favori et leur distribution en magasin permet de le faire découvrir aux néophytes.

Je ne pense pas qu’il soit trop tard ou que le débat soit clos, bien au contraire. Il y a beaucoup à faire et plein de bonnes choses à prendre dans le crowdfunding. Mais cela doit se faire en bonne intelligence – au risque de s’égarer.

Merci de m’avoir lu, n’hésitez pas à commenter pour en discuter et à partager afin que le débat soit le plus riche possible ! 

 

Mise à jour 20/02 : 

Le lendemain de la publication de cet article, Sans Détour annonçait un financement participatif pour la 7eme édition de l’Appel de Cthullhu. Pour rappel, ce jeu est l’un des plus gros et plus ancien JDR et l’un des best sellers du genre. La question d’un financement participatif  se pose donc, est il nécessaire ? Sans Détour affirme que ce n’est pas pour gagner de l’argent mais juste pour permettre aux joueurs d’accéder à du contenu exclusif. Dans ce cas, pourquoi ne pas proposer plutôt des pré-commandes ? Certes avec cet éditeur nous avons une certaine garantie de qualité et je ne crie pas à l’arnaque. Cependant je me demande si il fallait vraiment en arriver la, effet de mode ou politique éditoriale ?

 

 

Guillaume Coeymans

 

Sources :

La finance participative est dans la place

http://www.jeuxvideo.com/news/410585/star-citizen-des-records-des-modules-et-des-potes-pour-la-vie.htm

http://www.jeuxvideo.com/jeux/pc/jeu-46472/news/?p=3

http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/28/grand-cimetiere-projets-crowdfunding-avortes-257374

http://frenchweb.fr/le-crowdbuzzing-ou-abus-des-foules/77528