GN, ah ?

Aujourd’hui, on attaque un morceau un peu consistant. Le Jeu de Rôle Grandeur Nature (GN) ou LARP, de l’anglais Live Action Role Playing Game, soit jeu de rôle en directJ’aime bien cette appellation, car le terme “Grandeur nature” n’est pas très précis. Mais ce n’est pas le sujet. Avant d’aller plus loin, je vous conseille de lire l’article sur les JDR en général sinon vous risquez d’être un peu perdu.

Donc GN, pour définir simplement, c’est du JDR en vrai. Wow, quand on a dit ça, on a tout dit. Trêve de plaisanterie. Le GN c’est jeu de rôle en site réel, sans fiches et sans dés. En gros, on interprète son personnage à la manière d’un acteur dans un environnement privé simulant l’univers dans lequel notre personnage  évolue. Un ami à moi décrit cela comme du “Théâtre d’Improvisation Interactif de Masse”. Bien entendu, la plupart du temps un système de règles vient compenser ce que l’on ne peut pas représenter en vrai, mais l’idée est de garder ça le plus discret possible. C’est une façon de jouer très immersive ou l’interprétation prime sur les autres facettes du jeu.

Tout cela ne semble peut être pas très clair, aussi je vais essayer d’expliciter un peu par l’exemple. Un GN auquel j’ai participé avait lieu dans un univers de science fiction crée par les organisateurs du jeu autour d’inspirations diverses. Nous avons tous reçus divers documents nous expliquant le monde dans lequel se déroulait le jeu, du plus général au plus précis. Concrètement, nous avions un point sur le monde en, puis sur le quartier ou le jeu aurai lieu et enfin sur notre personnage (cette partie étant bien entendue à la connaissance exclusive de chaque joueur). Ensuite, lors du week-end ou le jeu à eu lieu, nous nous sommes rendus sur le site (un centre d’animation) décoré pour l’occasion. Ensuite, nous avons vécu pendant 3 jours comme l’auraient fait nos personnages. Le jeu était rythmé par les interactions entre personnages et par des événements mis en place par les organisateurs. Le tout formant une intrigue générale écrite par les organisateurs composée de multitudes de sous intrigues, que tous les joueurs font progresser. Bien entendu tout cela a un début et une fin bien marqués.

Ce type de jeu demande une organisation autrement différente que celle des JDR traditionnels. Au lieu de quelques amis à réunir autour d’une table, il est ici question de réunir d’une dizaine à plusieurs centaines de personnes dans un lieu adapté et décoré, de nourrir ces gens et de leur proposer à tous une expérience de jeu à la fois unique et collaborative. Pour cela, les GN sont souvent organisés par des associations et demandent une PAF (Participation Aux Frais) allant de 15€ à 150, voire plus. Dans ce prix, on retrouve la location du site, de matériel et les frais de bouche, certains proposent de véritables festins !

On peut rapprocher le GN de deux choses distinctes. D’abord, et naturellement, du Théâtre d’Improvisation. En effet, la non plus, pas de texte, pas de préparation mais on y trouve aussi la notion de personnage et d’interprétation. De plus il faut savoir s’adapter à toute situation rapidement. Bien entendu on y retrouve les fondements de l’impro, l’écoute et l’acceptation, qui, sous couvert du roleplay  sont bel et bien présents si l’on veut qu’une partie se déroule au mieux. Mais, dans le GN, il y a des personnages et un univers bâti à l’avance et dans lequel on s’insère plutôt que de le créer en temps réel.

Ensuite, il faut le rapprocher des ARG (Alternate Reality Game ou jeu de réalité alternée), c’est à dire un jeu dans lequel on transforme la réalité de façon interactive. L’exemple le plus simple, est la chasse au trésor ou course d’orientation, le tout légèrement scénarisé. Le lien est assez simple car dans un GN, tout les joueurs convergent vers un objectif en récoltant des indices de droite et de gauche. Le GN est aussi l’occasion de se rapprocher des reconstitutions historiques, mais sans public et sans forcément recréer quelque chose de réel. Cependant, on peut tout à fait reconstituer tout un village médiéval très réaliste et documenté. Simplement, les personnages et les faits ne sont pas historiques.

Enfin, le GN demande un peu de préparation du coté du joueur. Comme vous l’avez compris, un costume est nécessaire, et ce sont des frais à rajouter à la PAF indiquée plus tôt. Mais c’est aussi l’occasion de voir de superbes travaux manuels. Bien entendu, on ne se bat pas à l’arme réelle, aussi il faut pouvoir s’équiper d”armes de GN”, c’est à dire des armes en latex ou en mousse à l’aspect réaliste mais tout à fait inoffensives, leur coût peut être assez élevé mais le GN est aussi le royaume de la débrouille et l’on trouve assez facilement des gens pour prêter, louer ou revendre du matériel. Il faut compter de même les techniques de simulation d’armes à feu. Pour cela plusieurs écoles, les principales étant l’Airsoft (répliques d’armes à billes) et la gamme de lanceurs de fléchettes Nerf. Surtout concernant l’Airsoft, leur utilisation impliquent de respecter ds règles d’utilisations strictes et un cadre légal clair.

Bien, cet article commence à se faire long, je continuerai de parler de GN dans les semaines à venir, alors restez dans le coin ! En attendant, n’hésitez pas à commenter et partager cet article !

Guillaume Coeymans

 

A voir :

Compte rendu d’une conférence que j’ai animée sur le GN et les débutants 

Retour d’un débutant aux GNiales Aquitaines 2014

Sources : 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Airsoft

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeu_en_r%C3%A9alit%C3%A9_altern%C3%A9e

http://www.fedegn.org/le-gn/qu-est-ce-que-le-gn

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeu_de_r%C3%B4le_grandeur_nature

Le guide du débutant en GN

http://www.faismoijouer.com/category/cest-quoi-un-arg/

9 réflexions sur « GN, ah ? »

  1. Chouette initiative 🙂
    Une remarque, LARP je pense que c’est plutôt Live Action Role Play, “playing game”, et particulièrement game, renvoyant à une notion plus compétitive/antagoniste, là où role play renvoie à l’essence même de l’activité, l’incarnation/jeu de personnages.

      1. Le doc est pas mal du tout en fait. Et (pour une fois) les GNistes ne passent pas pour des demeurés, bien au contraire. Ca manque cruellement de rythme, mais c’est le format docu ARTE qui veut ça.

        Moyens / costumes / déco de ouf (comme disent les jeunes).

  2. A part ça je t’inviterais bien à nos prochains GN, Sherlock, Zombies, mais Bordeaux-Genève, pas la porte d’à côté 🙁

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