Un bon MJ est il forcément un salopard ?

Kitty DM

BOUM et ouais ! Chez Homo-Ludis, on balance, pas de langue de bois ! Bon plus sérieusement c’est un cliché récurrent le “méchant MJ”, celui qui tue ses joueurs, qui leur met des bâtons dans les roues, etc. Pour Préambule, n’hésitez pas à relire cet articles sur mes commandements du JDR ainsi que celui ci sur le MJ.

Du rôle du MJ :

Le maître du jeu est dans un rôle particulier au sein d’une partie de JDR. Il est l’animateur de la partie, l’interface entre le jeu et les joueurs. C’est lui qui pose les obstacles et les éléments qui font avancer l’intrigue.

C’est à cause de cela que parfois, le MJ est vu comme “le méchant” ou l’opposant aux joueurs. Cette confusion peut venir soit des joueurs eux-mêmes soit du MJ.

NB je ne parle pas des jeux type Sombre ou Dés de Sang ou autre, dans lesquels le MJ est clairement là pour tuer du PJ qui doit essayer de survivre comme il peut.

Or c’est un contresens qui a amené à une perversion de ce rôle.

Cependant, le MJ doit parfois faire des choix forts et prendre des décisions sévères… Alors parlons en :

Donner du sens :

Quand, en tant que MJ, vous prenez une décision forte, dans l’instant (tuer un PJ) ou prévue (mettre consciemment un monstre plus fort que le groupe dans votre scénar), c’est un choix qui doit être fait avec de bonnes raisons.

Par exemple, je fais souvent jouer l’Appel de Cthulhu (AdC), j’entends trop souvent dire “on va tous mourir” “c’est un jeu pour MJ sadique” “faut que tu aimes tuer tes joueurs” etc. Bon… Alors … Je n’aime pas tuer mes personnages, mais dans AdC les PJ sont fragiles et font face à des dangers mortels. La mort peut donc arriver rapidement.

La plaque tombale de vos joueurs ?
RIP les PJ

Mais mon but est que les joueurs jouent et passent du bon temps ! Lorsque je mets en face d’eux un danger, je sais qu’ils peuvent mourir et lorsque les PJ ne triomphent pas, j’applique les conséquences froidement. Mais il est très important pour moi que leur mort (ou leur affaiblissement) ait du sens. C’est à dire qu’elle leur permette soit d’avancer (en découvrant ce qu’il ne faut pas faire, en leur donnant un indice, etc.) soit qu’elle permette un départ en fanfare (Dédicace à ce joueur qui est mort en crachant au visage d’un dieu). Je déteste quand vient le moment d’abattre un PJ de façon gratuite, je met tout en place pour que ça n’arrive pas. Pire encore lorsque c’est moi en tant que joueur qui me fait assassiner sans avoir compris le pourquoi du comment.

Par contre, comme disait un GNiste que j’avais croisé un jour : “quand je commence une partie, je réfléchis d’abord à comment réussir ma mort plutôt que mon scénar” 😉

Quand être un salaud a du bon :

Pour autant, un MJ ne doit pas être un bisounours qui chouchoute ses PJ. Si votre scénario est bien construit, ils ont toutes les cartes en mains pour éviter la mort assurée, s’ils se plantent, la sanction doit être immédiate (nouvelle dédicace aux PJs qui courent dans les donjons).

Être dur avec les PJs en laissant peu de place à l’erreur est aussi un moyen de poser une ambiance tout de suite, on est pas ici pour rigoler (enfin si, mais bon vous m’avez compris) comme je l’avais évoqué ici.

Cela permet aussi de gérer le niveau de votre groupe. Toutes les équipes ne sont pas égales et ne se gèrent pas de la même façon. Les brutaliser peut avoir du bon pour orienter un groupe dans la direction que vous souhaitez. Parfois aussi, mieux vaut relâcher la pression pour les laisser reprendre leur souffle si c’est un groupe plus fébrile.

Grumpy Cat MJ
Ne soyez pas cette caricature 😉

Soyez prudents cependant à ne pas tomber dans l’excès et devenir un MJ qui prend plaisir à tuer ses PJs pour un oui ou pour un non. Vous risquez de faire fuir vos joueurs qui ne passeront pas forcément un bon moment avec vous. Essayez d’équilibrer tout ça 😉

Le cas des jeux antagoniques :

J’appelle un peu pompeusement les jeux antagoniques ceux qui mettent en opposition plus ou moins claire le MJ et les PJ. Je citerai notamment Sombre, Dés de Sang ou Star Marx (on va en reparler bientôt 😉 ). Si vous avez d’autres exemples, mettez les moi en commentaire, ça m’intéresse !

Ces jeux prennent le parti de jouer la survie des joueurs contre un jeu impitoyable animé par un MJ implacable. Il n’y a pas d’adversité directe, le MJ ne peut pas avoir pour but de tuer les PJ, car techniquement il peut le faire immédiatement. Cependant, on pousse dans ces jeux assez loin l’aspect “salopard” du MJ, sans que celui-ci doive verser dans le sadisme, sinon le plaisir peut disparaître (à moins que vous fassiez d’autres jeux de rôles, auquel cas ça ne regarde que vous :p ).

La dynamique de jeu ainsi créée est bien différente, le MJ prenant ainsi un rôle, ce qu’il ne fait pas habituellement et les PJ se retrouvent à former une équipe qui doit être soudée pour survivre. Ici être un salopard fait partie du délire et est acceptable. Du fonctionnaire corrompu au tueur psychopathe, il y en a pour tous les goûts ! Alors allez-y !

Voilà pour ce sujet ! N’hésitez pas à partager l’article et mettre en commentaire vos trucs, astuces et anecdotes ! A très bientôt 🙂

Guillaume COEYMANS

5 réflexions sur « Un bon MJ est il forcément un salopard ? »

  1. “en tant que MJ, vous prenez une décision forte, dans l’instant (tuer un PJ”

    La raison de la mort d’un PJ c’est qu’il a affronté un adversaire trop puissant pour lui ou bien qu’il n’a pas eu de chance.

    Si la mort du PJ découle d’une décision du MJ il y a effectivement un problème.

  2. D’accord avec tout ça, la pire erreur à commettre à un jeu comme l’AdC serait de toujours sauver la mise à ses joueurs. Affronter un ennemi trop puissant ou se prendre pour un super-héro doit être sanctionné (par les règles), sans quoi les joueurs n’ont plus peur ! J’ajouterais même que faire tous les jets de dés à la vue des joueurs renforcera l’aspect mécanique et impartial, et donc le stress des joueurs !

  3. Il faudrait arrêter de « tuer ses joueurs ». C’est un acte punissable par la loi… 😛

    Plus sérieusement, quand un MJ me demande conseil, je lui suggère d’arrêter de se prendre pour Dieu. Le MJ est un joueur comme les autres. Les règles ne sont pas faites pour se donner des airs, elles doivent servir des deux côtés de l’écran, et si on utilise dans la plupart des jeux des systèmes aléatoires, ce n’est pas pour que le MJ n’applique qu’une partie des résultats. Les dés ne sont jamais « stupides », seul celui qui décide de les (faire) lancer sans être prêt à assumer /toutes/ les possibilités a manqué de bon sens. Quant au bruit derrière l’écran du père Gygax, laissons l’un des plus mauvais conseils qui soient dans les placards de l’Histoire.

    Quand je suis joueur je réclame le droit de ne pas être pris par la main, de ne pas bénéficier d’un filet de sécurité infantilisant, et donc que mon personnage puisse être éliminé quand j’ai pris un risque. Oui, et même mourir sans panache si j’ai manqué de chance. C’est le jeu, ce n’est pas bien grave puisqu’ici j’ai la possibilité de recommencer. Marre des effets de manche réchauffés, marre des baratins contre-immersifs. Les « gentils » ne doivent pas forcément gagner à la fin, je ne suis plus un enfant qui croit au Père Noël. Je veux du crédible, je veux y croire, je veux pouvoir être fier de mes réussites, autant que de pouvoir m’en vouloir pour mes échecs.

    Et quand je suis MJ ? Je tente autant que possible de traiter mes joueur•euse•s comme je voudrais que l’on me traite : comme un adulte. Bisounours ? Je l’ai trop été jusqu’à ouvrir les yeux. Sadique ? Méchant ? Jamais, et je plains ceux qui subissent ces tristes individus.
    Le monde peut être impitoyable. Les PNJ peuvent être terrifiants. Moi je ne suis qu’un animateur qui rend vivant autant que possible un cadre imaginaire, et qui cherche à construire avec des partenaires de jeu la plus intéressante des histoires. Je ne tue jamais les personnages de mes complices, pas plus que je ne décide de les sauver de quelque façon que ce soit. Je laisse ces tâches aux aléas et aux règles, car la seule chose essentielle que je dois à tout prix préserver est leur suspension d’incrédulité.

    Au final, mes séances ne comptent pas plus de morts que la moyenne, voire même beaucoup moins. Pourquoi ? Parce que je /déséquilibre/ les confrontations pour qu’ils s’en sortent à chaque fois ? Certainement pas, bien au contraire puisque je n’équilibre rien du tout. Le rôliste est un survivant dans l’âme, et quand il est persuadé qu’on ne lui sauvera pas les miches parce qu’on l’a à la bonne ou qu’on ne veut pas flinguer sa campagne, il sait se montrer d’autant plus prévoyant, prudent, ou rusé. Il en tire d’autant plus de fierté, les histoires n’en sont que meilleures, et moi j’ai moins à m’en faire.

    C’est du gagnant-gagnant.

    1. Salut Ego’ ! Merci de ton long commentaire 🙂
      Ce que tu dis est particulièrement pertinent, tu touches du doigt quelque chose que je n’ai pas abordé, c’est le secret de ce qui se passe derrière l’écran du MJ 😉
      Effectivement on joue toujours à tordre un peu les règles pour le plaisir de la partie.

      Pour certains jeux à “jets ouverts” c’est un peu différent, mais c’est souvent dans des jeux “antagoniques” ou l’application stricte et sévère des règles fait partie du jeu.

      Enfin j’ai rarement vu des MJ infantilisants, bien plus des MJ qui prennent plaisir à massacrer du PJ, d’où cet article aussi 🙂

      Au plaisir !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.