Critique : Une année sans Cthulhu

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Fiche technique :

Scénario : Thierry Smolderen

Dessin : Alexandre Clerisse

Editeur : Dargaud

Sortie : 04 Octobre 2019

Lors de mon dernier anniversaire, ma famille m’a offert, entre autres, un roman graphique appelé Une année sans Cthulhu. Même si le titre aurait de quoi faire peur à Guillaume, je me suis mis rapidement à le lire. En voici une critique rapide en deux temps (et sans spoil).

A chaud :

Généralement, j’attache moins d’importance au style graphique qu’au scénario d’une fiction, même si je reconnais volontiers l’importance du coup de crayon. A titre d’exemple, je dévore le manga L’attaque des Titans, malgré des dessins que je trouve très limites, parce que le scénario et sa mise en scène sont dingues. Là, je ne suis pas particulièrement fan du dessin, même si j’apprécie quelques variations qui jouent avec la construction même d’une planche et des case.

L’auteur prévient que c’est en rencontrant trois témoins d’un fait divers sanglant à Auln-sur D’Arcq dans les années 80, que la presse de l’époque avait relié la pratique des jeux de rôles, que l’idée de relayer ces informations lui est venu.

L’histoire débute par quatre jeunes qui jouent à une partie de Cthulhu, la nuit, dans un cimetière. Ça part mal : le fait que l’auteur sous-entende dans sa note qu’il va balayer les clichés relayés par les médias sur le jeux de rôles, pour le voir mettre en scène ces clichés dès la première planche m’énerve déjà. L’histoire se poursuit jusqu’à la fin entre scènes représentant les personnages des joueurs et les joueurs dans les événements qu’ils vont vivre eux-même. Voire avec quelques moments où la fiction semblent rattraper la réalité. Je crois comprendre en cours de route que ce que je prenais pour un fait historique légèrement romancé pour le lecteur est en fait une fiction sur beaucoup plus de points que je ne le pensais. N’étant pas né à cette époque, j’ai pris pour argent comptant trop d’éléments.

L’intrigue est claire, les personnages simples mais efficaces et j’arrive même à reconnaître quelques références muettes, comme une inspiration du film Tron pour le dessin de quelques scènes du roman graphique.

Fin de lecture, bilan à chaud : j’ai bien apprécié, même si le changement de contexte global de l’histoire en cours m’a légèrement dérangé. La mise en abîme faite au cours de l’histoire est sympa mais nous fait un peu sortir de la fiction. On sent clairement une inspiration des histoires de Lovecraft dans la construction de cette fiction.

Avec un peu de recul :

J’ai voulu voir si il y avait quand même quelques traces/inspirations historiques pour cette fiction. Et bien pas du tout ! Le village mentionné n’existe pas, tout comme les faits divers sanglants mentionnés. Dans mes souvenirs, cela avait fait écho aux faits fin 80-début 90 de suicides d’adolescents qui avaient été rapprochés aux jeux de rôles (ou à la musique Métal, parce que pourquoi pas) aux Etats-Unis.

A partir de là, je me suis rendu compte que l’auteur de la note de départ n’est pas l’auteur du roman graphique, mais la journaliste que l’on voit à la fin de la fiction, reprenant ainsi un vieux gimmick des histoires lovecraftiennes. D’autant que cette note arrive en fait après la première planche du roman graphique qui peut donc s’identifier comme un prologue.

Jouant sur mes réflexes de passionné de jeux de rôles qui veut les défendre contre les clichés qui lui sont attribués, la fiction m’a poussé à la rendre plus réelle, confondant la limite entre réalité et fiction. Le procédé n’est pas agréable à vivre, mais je dois reconnaître son efficacité. C’est une forme de chute, qui passe non pas par le fond de la fiction, mais par sa forme. Très ingénieux !

Au final :

Et bien avec du recul, j’aime beaucoup ! Rare sont les œuvres qui me font réfléchir sur son média, son sujet et surtout à mon rapport avec eux. Je ne suis toujours pas sûr que la mise en abîme des joueurs de Cthulhu se retrouvant plongés dans une aventure lovecraftienne est une bonne idée, mais elle a au moins le mérite d’exister et d’être cohérente. Je pense que ceux qui ont vécu pendant les années 80 trouveront pleins de références qui m’ont échappé.

A lire !

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Utip Homo Ludis

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