A quoi ça sert un écran de MJ ?

! Bonne question ça ! On en voit partout, c’est presque devenu un indispensable. Un JDR publié = un écran. S’il n’y en a pas, ça couine sur les forums et dans les commentaires pour en proposer un. En carton dur, papier épais, 3 ou 4 volets, format paysage ou portrait etc. Alors la question est légitime : à quoi ça sert ? Voyons ça :

Un écran pratique :

Oui, un écran c’est pratique.

Pour des raisons purement matérielles, on est souvent proches des joueurs et on peut avoir à dissimuler certains éléments. J’ai par exemple en tête un livre de scénario où l’une des illustrations pleine page (grand format A4) est un énorme spoiler. Avouons que si vos joueurs et joueuses voient ça, le plaisir de jeu risque d’être diminué. L’écran, que ça soit celui officiel du jeu ou juste un cahier ouvert posé en équilibre, sert à protéger le scénario (quand celui-ci repose sur une intrigue).

Idem quand vous manipulez vos plans, fiches de monstres, etc. Le mieux, en terme narratif, c’est que vous, MJ, restiez décisionnaire du timing. Imaginez que l’un des PJ voit que le plan derrière l’écran qui s’intitule “MAISON DE JEAN MICHEL TUEUR”, ou voit la fiche “Changelin”. Il peut se douter de certaines choses. Alors certes, les PJs font la part des choses entre eux et leur persos mais bon, on sait que ça ne marche pas toujours…

derrière écran
Tous ces spoilers que l’écran protège

La plupart du temps sur les écrans officiels, mais aussi ceux “fanmade”, on trouve sur le coté MJ un rappel des règles, des tableaux récaps, des tables de références, etc. C’est souvent bien pratique pour fluidifier le jeu. C’est utile principalement dans les jeux ayant un système assez touffu. Et ça évite au MJ de devoir plonger dans ses 18 bouquins de 400 pages pour retrouver LA règle (bon après du coup on peut pas crâner avec nos éditions collector crowdfundées avec notre nom dedans).

De plus, le fait de lancer les dés à l’abri des regards indiscrets permet soit de cacher la réelle puissance des oppositions, soit d’influer sur le scénario en fonction de ce que proposent les joueurs. Si vos joueurs et joueuses jouent vraiment de malchance, un petit coup de pouce au destin derrière l’écran est possible. Idem si vos joueurs ont une chance insolente et roulent sur le scénario. Même les plus intégristes des MJ “by the book” utilisent ces artifices bien à l’abri de leur écran, croyez moi 😉

Enfin l’illustration de l’écran est souvent de qualité et permet d’aider à l’immersion en proposant une ambiance. Je pense par exemple à ceux de l’Appel de Cthulhu qui sont souvent très beaux (si on exclue celui des 30 ans qui était … différent x) )

Un écran symbolique

Je l’avais déjà évoqué ICI et LA mais, à mon sens, le MJ n’évolue pas dans la même “sphère” que les joueurs. Sans être au dessus ou en dessous, il est juste dans un autre état. De même, le JDR est (toujours pour moi hein) asymétrique. Cette asymétrie est souvent représentée par l’écran.

Celui-ci permet au meneur ou à la meneuse d’être enclavé-e derrière son écran pour marquer physiquement son écart avec les PJ.

écran MJ allégorie
Écran de MJ : une allégorie

Ainsi, bien à l’abri des regards, le MJ marque sa séparation d’avec les joueurs.

Parfois l’écran n’est pas présent et les jets de dés ouverts, mais vous remarquerez qu’il existe quand même cette séparation. Physique parfois, le MJ ayant le-s livre-s ouvert-s devant lui, ou alors car le MJ est debout et les joueurs assis. Bref, au delà de l’écran, le MJ se sépare des joueurs et joueuses.

Et quand y’a pas de MJ ?

Oui… Je sais … la mode est aux jeux sans MJ. C’est vrai. C’est intéressant en plus.

Relisez moi attentivement, surtout dans l’article de définition. Je ne parle pas de MJ directement mais de positions “asymétriques”. J’ai peu joué aux jeux sans MJ à proprement parler donc je ne vais pas m’étendre là-dessus.

Cependant, de ce que j’en sais, il y a quand même une forme d’asymétrie. Un ou une des participant-es a une rôle légèrement différent des autres, même si c’est de manière temporaire.

Alors l’écran n’existe plus à ce moment, mais l’asymétrie, voire la séparation, oui.

 

Voilà un article un peu différent ! Plus reflexif et symbolique, un peu comme l‘article sur les dés. J’espère que ça vous aura plu ! N’hésitez pas à le partager et à commenter !

Guillaume COEYMANS

 

Crash Reading : Mantoid Universe – Du JDR Punk

Je vous ai déjà évoqué ce jeu lors du Faut Qu’on Conv’ sur RPGers 2018. Vous le savez peut être, mon jeu préféré est l’Appel de Cthulhu, du coup comme c’est un jeu très classique, je cherche souvent des bizarreries pour varier les plaisirs. Et le moins qu’on puisse dire c’est que ce jeu, issu de l’écurie frappadingue Batro Games envoie valdinguer plein de choses !  Vous êtes prêts pour Mantoid Univers ? Non ? C’est normal, je vous raconte tout ça ! 

Note : les Crash Readings sont une série d’articles que j’écris à propos de JDR (ou autre) que je lis mais que je n’ai pas encore fait jouer. Je ne veux pas appeler ça des critiques car sans l’avoir fait jouer, on ne peut pas vraiment se faire l’idée d’un jeu. Disons que je critique l’ouvrage plus que le jeu, à l’inverse de certaines critiques qui vont évaluer le jeu à partir de la simple lecture du livre sans l’avoir fait jouer (méfiez vous des critiques à J+1 de JDR qui font 600 pages…). 

De quoi ça parle ?

Mantoid Universe s’insère dans une continuité des autres jeux de Batro Planète Hurlante et Space Sword. Il n’y a cependant aucune nécessité de connaitre ces univers avant de jouer (ce qui est mon cas).

Batro Games
Une DA magnifique et parfois … dérangeante

Mantoid se passe dans un univers “Punk, Épileptique et Sado-masochiste” (tout un programme), dans un temps situé après la fin des temps. L’apocalypse, la fin de l’univers, le jugement dernier, tout ça a eu lieu. Les personnages vont évoluer dans les lambeaux d’un monde détruit, dans les spasmes d’agonie de celui-ci. Ambiance cradingue, chaotique et délirante à prévoir. Bref Punk à 100%.

Évoluent dans cet océan délirant plusieurs races très différentes et malsaines. Les Cafaroides libidineux, Les hommes-porcs végétariens opprimés, les redoutables Mantoides et leurs réseaux de trafics et les absurdes Clones.

Dur d’en dire plus, tant le jeu se base sur l’improvisation, l’absurdité et le délire structurel. Dans un tel monde en proie à la folie, les notions d’univers, d’aventure et de réalité n’ont plus vraiment de sens.

L’ouvrage :

Moins de 100 pages, sous blister avec une couv’ cheloue. Autant dire que ce livre attire l’oeil tant il peut être repoussant, surtout quand on a l’habitude du reste de la prod’ ludique. D’autant plus que la dernière ligne de la quatrième de couv’ a de quoi intriguer : “Déconseillé aux mineurs”.

Mantoid Cover RPG
Une couverture qui met dans l’ambiance

Quand on ouvre la bête, on comprend de suite le délire. Illustré par l’incroyable Jeremy Famir, les visuels font la part belle au “weird”, à la folie, au crasseux et à l’explicite. J’adore ! Mais attention certains visuels peuvent être perturbants.

La maquette est aérée grâce notamment aux nombreux tableaux de gestion aléatoire de tout un tas de choses et aux illustrations qui rendent le tout agréable à lire et clarifient clairement la mécanique.

Découpé en deux parties sur le système et sur l’univers, le tout est un très bon exemple de maquettage intelligent et clair. On aurai pu craindre que la mise en page soit aussi foutraque que l’univers et le choix de faire l’inverse est à mon sens très pertinent. L’univers étant suffisamment déroutant, on se sent “rassuré” par la clarté formelle du tout, un bon point !

Le Jeu

Que dire ? Honnêtement je vais pas dire grand chose, tant le jeu nous pousse à casser tout ce qu’on connaît pour vivre l’aventure de façon viscérale. Sachez simplement que c’est un système D12 avec une grosse notion d’aléatoire dans la création de personnage. Mais ça a l’air de fonctionner très bien ! Tout est très simple, très clair et reflète parfaitement l’imprévisibilité de l’univers.

Conclusion :

J’ai dit plusieurs fois que c’était un jeu Punk. Mais c’est quoi un jeu punk ? Et bien c’est quoi le punk d’abord ? Pour grossir le trait, c’est un courant musical et artistique qui prône la simplicité, la “crudité” (enfin le fait d ‘être cru quoi), le nihilisme et une forme de désespoir envers l’avenir. C’est aussi un mouvement qui rejette les conventions et le principe même de règles et de bienséance. Le tout sans oublier d’avoir un vrai talent artistique et un goût pour le beau, y compris et surtout le laid beau. Le punk cherche à choquer, déranger et remettre en cause les dogmes.

C’est exactement ce que fait Mantoid. En témoigne cette page surréaliste composée uniquement d’une longue liste de “Fuck” suivis d’une convention de JDR. Par exemple “Fuck les chaises, : restez de bout et faites de grands gestes !”.

C’est un livre laid mais beau. Simple mais complexe. Facile mais dur. Idéal pour débuter mais difficile d’accès. Bref c’est punk et c’est putain de bien.

Un vent de fraicheur ? Non. un vent de révolte, à l’odeur de graisse et de pétrole qui vient emmerder le rôliste classique qui est en nous ? Oui. Est-ce qu’on veut plonger dedans comme un porc se roule dans la boue ? OUI ! Est-ce qu’on ressortira de ce bain de boue sale, puant, crade mais heureux ? 100x OUI !

Je mettrais seulement un unique bémol : le jeu est idéal pour les initiations, car son système fait qu’on le prend vite en main. Cependant, au vu de l’univers, on peut vite tomber dans certains clichés et dans certains travers qui sont parfois gênants. Le jeu traite de sexualité et de violence crue, autant dire que ces sujets peuvent être choquants (ce qui est le but hein).

Du coup je le conseillerais certes en initiation mais avec une certaine forme de sélection des joueurs ou alors avec des mesures de sécurité émotionnelle (non ce n’est pas un gros mot, et arrêtez de grogner, ça va pas vous tuer …) pour éviter certains moments pouvant être difficiles. Certes le jeu est fait pour être dérangeant mais ça reste un jeu 🙂

Ceci dit je ne peux que vous conseiller cet ORNI (Objet Rôliste Non Identifié) qui va challenger sérieusement vos pratiques et votre vision du JDR ! De manière générale, jetez un œil au travail de Batro qui est juste incroyable !

Merci de m’avoir lu ! N’hésitez pas à commenter et partager cet article si il vous a plu !

Guillaume COEYMANS

Jeu de Rôle : une tentative de définition

Si vous lisez mon blog depuis longtemps, vous savez que j’avais déjà tenté une définition du JDR  il y a bien longtemps. Celle-ci ne me satisfait plus après des années d’affûtage de mon avis. Aussi je tente ici une nouvelle définition. Celle-ci est bien entendu subjective, incomplète et ne satisfera pas tout le monde. Mais bon, vivons dangereusement ! 

Une pratique, trois définitions :

En introduction, je vais vous expliquer comment je vais fonctionner pour la suite de l’article.

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Crash Reading : Mystères et Pains d’Épices

Aujourd’hui, on parle du JDR édité à compte d’auteur par L’antre du Gob. Il s’agit en réalité d’une traduction d’un jeu de Annie Rush, proposé à petit prix en vente directe (moins de 20€, livre et écran, frais de port inclus). C’est un ouvrage assez court, que je vais m’atteler à vous présenter ! 

Note : les Crash Readings sont une série d’articles que j’écris à propos de JDR (ou autre) que je lis mais que je n’ai pas encore fait jouer. Je ne veux pas appeler ça des critiques car sans l’avoir fait jouer, on ne peut pas vraiment se faire l’idée d’un jeu. Disons que je critique l’ouvrage plus que le jeu, à l’inverse de certaines critiques qui vont évaluer le jeu à partir de la simple lecture du livre sans l’avoir fait jouer (méfiez vous des critiques à J+1 de JDR qui font 600 pages…). 

De quoi ça parle ?

12 jours par an, à la période de Noël, la magie fait son œuvre. Les Bonshommes/Bonnesfemmes de pain d’épices prennent vie et vivent des aventures incroyables dans la maison. Vont-ils se lancer à l’assaut du Sapin ? Échapper au chien glouton ? Ou essayer de sauver leur ami un peu trop cuit ?

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RPGaDay 2018 – Le Challenge JDR : Suite & Fin

NOUVEL ARTICLE ! On fini le #Challenge #RPGaDAy2018 avec les réponses détaillées à ce questionnaire #JDR !

Suie donc du RPGaDAy2018 commencé sur mon Twitter (abonne toi like et RT 😀 ) et dont le premier récap est disponible ICI.

Jour 15 : Un JDR piégeux qui vous a finalement plu ?

Pas grand chose à ajouter 🙂 J’étais arrivé tard en convention et c’était la seule table qui n’avait pas démarré, j’étais moyen chaud, parce que j’aimais bien savoir à quoi je jouais (maintenant je suis plus ouvert ^^ ). J’ai vraiment bien kiffé même si l’univers ne m’était pas familier, la partie était vraiment sympa. Alors que si vous m’aviez dit “viens on fait un JDR Saint Seiya” je vous aurait probablement remballé (à l’époque, maintenant j’me suis asagi).

Jour 16 : Quels sont vos plans pour la prochaine partie ?

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RPGaDay 2018 : Bilan d’étape !

Aujourd’hui, c’est les vacances ET c’est férié, du coup je vous propose de suivre l’aventure RPGaDay2018 (suivez moi sur twitter pour l’avoir en direct 😉 ). En gros je vais développer ce que j’évoque en 250 caractères 😉 Voici donc les 15 premiers jours.

RPGaDay : kessessé ?

En gros, il s’agit d’une série de questions posées aux joueur-ses de JDR à travers tout le mois d’août, et vous l’aurez compris, avec une question par jour.

Le format est à la discrétion de chacun 🙂

JDR par jour
Voilà les différentes questions ! C’est en anglais mais je crois en votre talent 😉

Jour 1 : “Ce que vous aimez dans le JDR”

Pour le coup, je n’ai pas tant à détailler que ça. Je trouve que le JDR est l’un des plus forts pourvoyeurs d’histoires disponible actuellement.

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JDR et cinéma : les flashbacks

L’action se coupe, l’image devient grise, la musique mystérieuse et le personnage un narrateur . C’est un flashback !

Autant le dire tout de suite, je n’aime pas les flashbacks. Je trouve que ce sont des outils paresseux qui prennent le public pour des idiots, qui sont souvent mélodramatiques pour rien, qui tuent le mystère et ressemblent à des pansements narratifs sur une mauvaise histoire (ok peut-être que je m’emporte).

C’est vrai que certains films les utilisent et les utilisent très bien : Usual suspect et Oldboy me viennent en tête en premier (bah oui un film coréen parce que je les aime).

Si certains réalisateurs en font des choses bien, alors nous, les MJs, en tant que “réalisateurs” de parties, on peut aussi.

Emmenez le récit où vous voulez :

Ils ont déjà dit oui :

Quand je suis MJ, je me méfie des petits malins qui ne veulent pas suivre l’aventure. Vous les avez déjà tous vu, ce sont les joueurs qui disent ce genre de chose: “j’ai aucune raison d’y aller, c’est pas RP, si c’était moi je le ferai pas, c’est vraiment parce que le scénar le demande”.
Plutôt que de partir dans un long débat je préfère leur mettre un petit flashback (extrait d’un scènar de mon jdr perso, Alphas).

“-vous êtes dans le pick-up qui vous emmène au village, vous voyez déjà la foret, le terrain est très montagneux, vous aller devoir finir à pied”. CUT- flash-back sur le moment où vous avez accepter le job.

-“Vous revoilà dans un bout de wasteland, au pied d’un arbre mort, le vizir que vous attendez sort d’une limousine blindée dont les armoiries sont à peine visibles avec la poussière que son escorte a soulevée”.

C’est à ce moment là que les PJs apprennent ce qu’ils ont accepté de faire mais c’est aussi la chance pour eux de négocier leur salaire, demander du matériel ou des informations supplémentaires.

Dans cette situation, un PJ peut râler mais le débat est transféré dans le jeu, en roleplay. Ce n’est plus le joueur qui râle, c’est son personnage, il peut réclamer une meilleur récompense mais surtout le MJ (ce salopard?) peut le forcer en RP (menaces, chantage etc.).

Cette scène doit être dans tous les cas constructive, plonger les joueurs dans l’ambiance, les connecter à l’univers (s’ils détestent les PNJs c’est qu’ils s’impliquent).

Un flashback pour souder le groupe

L’idée est de leur faire vivre une scène essentielle de leur passé, celle où tout a basculé. C’est peut-être une scène d’enfance (comme les fait si bien Stephen King), un boulot précédent qui a mal tourné etc.

Vous étiez prévenus: le flashback comme avertissement

Vous voulez mettre la pression à vos joueurs dès le début d’un scénario d’horreur. Faites leur rencontrer le monstre/ tueur/ danger abstrait dans un long flashback, un prélude.

Si vous voulez des exemples au cinéma, regardez le remake de Jason ou le boulevard de la mort de Tarantino.

Ne donnez pas forcément à vos joueurs leurs persos définitifs, donner leur des victimes. Si un des personnages survit (capturé/ rendu fou / dans le coma) profitez en pour en faire le coeur du jeu, le but de leurs personnages.

Comme ça, ils savent tout de suite à quoi s’en tenir, ils sont propulsés dans l’histoire. C’est aussi l’occasion de montrer que le méchant sait ce qu’il fait, qu’il aménage son antre en fonction etc.

NB : les joueurs vivent l’histoire à travers les yeux de leurs personnages, ils ne sont donc pas forcément fiables. Un enfant, un drogué ou même quelqu’un de très superstitieux ne verra pas les choses telles qu’elles sont.

Les jeux qui génèrent des flashbacks

Certains systèmes gèrent le passif des personnages et par la même les relations entre les PJs, c’est notamment le cas des jeux “propulsés par l’apocalypse” tels que Apocalypse World, the Sprawl ou Night Witches (jeu sur lequel vous aurez peut-être un article bientôt 😉 ).

Ces jeux posent des questions tels que “qui t’as déjà sauvé la vie ou à qui fais tu le plus confiance, avez-vous déjà travaillé pour telle ou telle corporation”.

Les PJs peuvent ainsi tracer le réseau de liens qui les unissent (parce que les mindmaps c’est la vie) entre eux et à l’univers. Le tour de table devient ainsi bien plus intéressant car il fait partie intégrante du jeu (et pas juste des présentations parce qu’il faut en faire).

Le previously in

Vous avancez dans une campagne, tout se passe bien mais vous n’avez pas trop le temps, alors les parties s’éloignent et les souvenirs s’érodent.

Au moment où vous vous retrouvez, demandez aux joueurs de lire leurs notes (celles pas tachées par la nourriture) et de vous reconstituer un préviously in. Bien sur pour les motiver, vous pouvez leur promettre un petit bonus (en argent, en privilèges etc.).

Conclusion

Mon conseil est assez simple, préservez l’unité de temps.

Ne coupez pas l’action au milieu (surtout que ça isole généralement un joueur), laissez les choses couler.

Et vous qu’en pensez-vous? est ce que vous aimez les flashbacks? est ce que vous voyez d’autres utilités ?

À bientot, moi je vais aller voir de (bons) films.

Plutôt JDR foot ou JDR Rugby ?

Quelle que soit votre préférence, ça sera avec une bière ? 😉 Plus sérieusement, je me posais la question il y a peu, en regardant ces deux sports (Oui on peut être rôliste et aimer regarder du sport 😉 ) : ces deux sports ont une origine commune et pourtant, aujourd’hui leur expérience est totalement différente, pourquoi donc ?
Mais plus pertinent encore ; est-ce que cette dichotomie existe en JDR ? Je crois que oui, et je vous explique tout ça :

JDR foot : La fluidité et la continuité avant tout :

A mon sens quand on regarde une partie de foot de haut niveau, et qu’on est béotien, ce qui vient naturellement aux yeux c’est la fluidité du jeu : les phases sont longues, avec peu d’arrêts. Le jeu est continu et enchaine les actions.

Les arrêts de jeu, quand il y en a, sont assez brefs. Pour preuve, le temps additionnel dépasse rarement les 5′. L’intensité physique globale (pas celle des joueurs individuellement) est donc globalement linéaire ou avec une variation légère.

Soccer game
Regardez cette fluidité et cette continuité qui se dégagent de cette image ! (Comment ça “trop” ? )

Ce sont les aspects qui m’intéressent à retenir dans un JDR pour filer ma métaphore (un peu aléatoire j’avoue).

Lorsqu’on conçoit un scénario, du one-shot à la campagne on a l’idée du rythme qu’on veut donner à la partie. Plus que le rythme, on travaille la façon dont on va gérer le timing du jeu. On prend pour cela plusieurs facteurs, notamment le jeu et son système.

Tous les jeux ne favorisent pas la même gestion du rythme. En gros, on va retrouver les trois “fameuses” façons de jouer : narrativiste, ludiste ou simulationiste. Je n’y reviens pas trop car ce n’est pas le sujet, je préfère travailler sur la conception de la partie par le MJ. Soyez juste conscient de l’importance du système dans lequel vous vous placez.

Quand on prépare une partie de JDR “foot” on conçoit le jeu comme un continuum ininterrompu. Dans cette conception, il n’y a rien qui ne mérite pas d’être joué, rien qui fait sortir du jeu. Par exemple :

“Vous devez aller jusqu’au Donjon de La Mort Maudite”

Un MJ “footeux” va faire jouer le voyage mètre après mètre, gestion précise des ressources, des temps de repos, du matériel, de l’usure, etc. Ainsi le jeu ne s’arrête jamais, il n’y a aucun artifice scénaristique.

Voyageurs
J’espère qu’ils n’ont pas oublié le sel pour boucaner la viande !

Cette façon de voir le jeu est intéressante car elle crée, je trouve, une bonne immersion. Pas dans le sens où on se sent dans la peau des joueurs, plus dans l’idée d’être impliqué dans une quête de longue haleine. Après tout, même dans Le Hobbit, les ressources sont un enjeu important et une grande partie de l’histoire se concentre sur le voyage.

C’est aussi un moyen de mettre en danger les joueurs, qui, s’ils se savent en force pour affronter les adversaires qui viennent, doivent garder en tête que l’environnement lui aussi est un facteur qui peut les mettre en danger.

C’est plutôt une approche simulationiste mais je crois que ça peut s’appliquer dans énormément de styles différents pour créer une ambiance plus solide.

Enfin, je pense qu’à l’instar de ce sport, le JDR foot favorise de fortes individualités (individualités de personnages j’entends) pour un groupe relativement “fort” et homogène.

JDR Rugby : Dents de Scie et Pouf-pouf :

En revanche, regarder le rugby peut être dans un premier temps moins agréable. Ce sport est (beaucoup) plus haché et s’articule autour de temps de jeux fixes et déterminés. Au point qu’on parle de “temps de jeu effectif” qui pour certains matchs est autour de 50% du temps global du match !

Ici l’intensité du jeu sera donc en dents de scie, avec des pics très hauts (les “mêlées”) et des phases plus basses (le “replacement”).

Rugby
Ça a l’air nettement moins fluide, mais regardez l’intensité qui s’en dégage !

Les joueurs sont souvent amenés à se déplacer d’un point à un autre en dehors du temps de jeu. Par exemple, une touche, qui au foot est l’affaire de quelques secondes, pour le rugby est un phase essentielle, construite, réfléchie et potentiellement longue.

Ainsi l’impression globale est différente. Je pousserais même la comparaison à souligner qu’au foot on joue longtemps et on marque peu, faisant de la marque un pinâcle de tension, là où pour le rugby, on peut marquer souvent ce qui fait de la marque quelque chose de disons … plus commun, la tension du score est donc (en général) plus diffuse au long du match, plus continue pour le coup.

Et en JDR alors ? Un JDR mené par un MJ rugbeux transpirera (si j’ose dire) de la même énergie hachée, où le jeu évoluera de scène en scène sans rien au milieu. Je prend l’exemple de Bimbo dont les scénarios sont mêmes littéralement écrits comme des “scènes” sans liant autre que l’histoire globale.

Mais l’idée est là pour beaucoup de parties où l’on va de point en point en négligeant ce qui semble peu important. C’est parfois ce qu’un camarade (Big up si tu te reconnais) appelle le “Pouf – Pouf”. Par exemple :

Vous avez quitté l’auberge, vous avez votre équipement de prêt POUF-POUF *fait des passes avec les mains* vous voilà devant la porte du donjon !

C’est une approche discutable c’est sûr, mais qui a le mérite de garder une certaine intensité de jeu, dans le sens où les joueurs ont la sensation d’enchaîner uniquement des scènes épiques, ou du moins intenses.

Bien sûr, cette approche est plus “artificielle” que l’approche “foot” et les joueurs peuvent ressentir cet artificialité, à vous de juger si c’est compatible ou pas avec votre groupe.

Cette approche, selon moi, a tendance à créer des groupes plus hétérogènes mais plus complémentaires, voire à tendance optimisatrice. Comme une équipe de rugby où le Pilier ne joue pas tout à fait le même jeu que l’Ailier, par exemple, le Hacker ne joue pas au même jeu que le Corpo (dans un univers cyberpunk).

Curseurs et combinaisons :

Bon, c’est bien gentil tout ça mais vous vous doutez bien que la réalité est entre ces deux façons de voir les choses. Je dirais même plus, c’est une combinaison de ces approches.

Mais ce que révèle cette métaphore c’est, à mon sens, que l’un des curseurs qu’on peut manipuler pour influer sur sa partie est cette notion de rythme. Pas rythme au sens “rapide” vs “lent” mais plutôt “haché et intense” versus “fluide et continu”.

Je dirais même que c’est plutôt une question de “curseur de négligence” (ou “de négligeabilité” mais c’est bien plus dur à dire). J’entends par là le seuil à partir duquel le MJ estime qu’une action est négligeable et ne nécessite pas d’être jouée.

Curseurs
Spoiler : l’arrière de mon écran de MJ 😉

Pour reprendre les exemples précédents, le MJ décide que le parcours jusqu’au donjon est utile à faire jouer ou pas. Il n’y a pas de jugement de valeur du genre “il a raison c’est nul et chiant” ou “il a tort, moi j’adore” mais il y a réflexion sur l’ambiance et le style qu’on veut donner à la partie.

Ainsi c’est un curseur que je vous conseille d’explorer dans différents contextes, avec différents groupes et jeux.

Voilà pour cette réflexion un peu rapide mais que je souhaitais vous partager ! Je ne prétends pas avoir la science infuse sur le sujet, mais juste vous livrer mon opinion et ma vision des choses. Du coup n’hésitez pas à partager cet article, vos avis en commentaire et à suivre Homo-Ludis !

Guillaume COEYMANS

JDR et cinéma: les franchises et la puissance des joueurs

Pour cette deuxième et tardive chronique sur le jdr et le cinéma, je vais m’attarder sur ce que l’on peut apprendre des franchises de cinéma pour améliorer nos campagnes de jdr.

Les franchises posent un problème simple : comment continuer à faire la même chose tout en conservant l’excitation à chaque fois ?

Pour Fast and Furious, les producteurs ont décidé de passer à la vitesse supérieure à chaque fois (pun intended)

Dungeons and furious / Fast and dragons

Pour celles et ceux qui n’auraient pas dédié une dizaine d’heure de leur vie au visionnage des 8 films (au moment de l’écriture de cet article, ils veulent monter jusqu’à 10 parce que pour certains, trop n’est jamais assez), voici un petit résumé.

Dans le premier Fast and Furious, Vin Diesel (dit Baboulinet) n’est qu’un voleur de voitures qui fait des courses de rue. Les personnages sont téméraires, l’action exagérée mais réaliste et crédible (dans le côté réalité hollywoodienne). Dans le dernier en date, il fait partie d’un groupe d’espions qui agissent aux 4 coins du monde en se faisant parachuter d’un avion.

Ça ne vous rappelle rien ? Au début d’une campagne, les personnages ne sont guère plus que des paysans téméraires avec une épée ou un don pour les tours de foire. A haut niveau, ils se battent contre des dragons ou des êtres venus d’autres dimensions et peuvent faire pleuvoir les météores (maximum 20d6 de dommages) sur leurs adversaires.

Harder-better-stronger

Dans les deux cas, ceux qui maîtrisent le spectacle en ont fait toujours plus : plus de pouvoirs, d’explosions, de cascades et de violence.

Cette montée en puissance est caractéristique d’un pur style de jeu ludiste.

L’intérêt d’une partie ludiste réside dans la réussite d’un challenge. Cette réussite passe par une bonne coordination des joueurs et de leurs connaissances du système. Je vous renvoie vers cet excellent article de PTGPTB pour plus d’explications sur les différentes approches (ludiste, narrativiste, simulationiste).

En résumé, les joueurs cherchent à « péter le game ». Pour permettre aux joueurs de conserver ce sentiment de puissance, il faut varier les challenges. L’approche hollywoodienne est d’en faire toujours plus, jusqu’à en faire trop.

Dans les films Hollywoodiens, les enjeux narratifs sont prétextes aux enjeux visuels (à l’eye candy, au moneyshot).

Exemple très simple (fictif ?) d’une conférence de création pour le dernier Fast and Furious :

  • Baboulinet, growling: Vous savez ce qui serait cool ?
  • Producteur coké : Vas-y Vin, dis-moi !
  • The Rock, absent, (ils sont fâchés)
  • Baboulinet, growling: Des courses de voitures, mais sur la banquise…
  • Producteur coké : ok mais ils feraient quoi là-bas ?
  • Baboulinet, growling: Bah la méchante, elle a genre un sous-marin et elle s’est cachée là-bas, c’est évident Johnny !
  • Le marketeux encore plus coké, imaginant ça dans la bande-annonce: P****** mais t’es un génie Vin !

Oui on peut en rire mais c’est pareil pour le jeu de rôle (avec des budgets bien moindres) : changez le trailer par la couverture d’un énième supplément de Pathfinder… le raisonnement est le même, les deux promettent du spectaculaire.

Voilà une couverture qui ne vends pas de la diplomatie et des intrigues subtiles…

L’approche hollywoodienne classique

Comment en faire trop sans lasser ? Le big fucking gun with a twist

Le BFG était une arme mythique de DOOM.

Offrez-leur de nouveaux jouets : nouvelles armes, nouvelles armures, montures, véhicules, etc. Afin de les rendre intéressants, évitez simplement les dés supplémentaires : une hache qui fait 5d6 au lieu de 3d6 ne change pas vraiment le game, alors qu’une hache qui revient automatiquement après avoir été lancée change la façon de jouer.

Autres idées cadeau :

  • fusil expérimental qui risque d’exploser : la victoire ou l’amputation
  • arbalète harpon : pour empêcher les ennemis de fuir ET d’escalader !
  • baguette magique puissante qui risque de tomber en panne : et si ça s’avérait indispensable lors du prochain combat ?
  • poignard qui hurle du cri de toutes ses victimes

Transformer le fond vert en décor interactif

Vous pouvez inclure des éléments interactifs aux décors pour permettre aux joueurs d’être malins, pas seulement à leur personnage d’être efficace. Attention par contre à ne pas rajouter des modules de règles à chaque fois, l’erreur faite notamment par les suppléments de  Cyberpunk 2021, sous peine de tomber dans l’usine à gaz.

Dans Fast and Furious, la banquise est une option intéressante. Elle force les personnages à faire attention, crée un danger mortel (à vaincre sans péril…) et les force à collaborer.

Ces taches variant des classiques « frapper, parer etc. » elles permettent d’impliquer des personnages non-combattants dans la scène. On peut imaginer un hacker essayant d’ouvrir une porte ou un magicien essayant de retarder un rituel.

Fast and furious apporte aussi d’autres idées : un bâtiment en train de s’effondrer, des rues bondées de clichés de japonais (celle-là est à retravailler)

Mais alors Jamy, c’est facile !

(Photo by Carlo Allegri/Getty Images)

Oui, mais ce n’est pas pour ça qu’on ne doit pas prendre une route différente (pun still intended).

La franchise Star Wars (qui reste tellement ancrée dans ces codes que le 8ème film m’a plus fait l’effet d’un remake que d’une suite) a finalement essayé quelque chose de nouveau avec The Last Jedi, avec des situations différentes. Même si l’accueil a été, disons… mitigé, cela reste une très bonne chose/initiative.

Dans ce dernier film, il y a tout un segment sur une planète casino, qui est une version ultra luxe de la célèbre Cantina (orchestre, jeux, boissons). Mais les personnages ne font pas partie de ce monde ; ils ne sont pas à l’aise dans ce contexte et c’est tout son intérêt.

Petite anecdote qui montre le genre de scènes qui arrivent quand les joueurs sortent de leurs habitudes :

Mettez un groupe de mercenaires urbains psychopathes à Cyberpunk 2021 dans une réception mondaine et ils ne seront tellement pas à l’aise qu’ils finiront par tirer sur l’ambulance. Ok, ils cherchaient un tueur en série mais…

Au fur et à mesure d’une campagne, les joueurs s’habituent aux challenges, ils prennent de bonnes habitudes stratégiques, des trucs et astuces, ils optimisent dans leurs spécialités. Le risque c’est qu’ils se lassent de toujours faire la même chose, et de se lasser.

Pour Star Wars, la fanbase s’est partagée parce que certains n’ont pas accepté le changement de codes, de formules et depuis le réalisateur n’arrête pas de tweeter pour justifier ses choix.

Quand un réalisateur fait son film, il ne peut pas demander à tous les potentiels spectateurs s’ils aiment les surprises mais vous en tant que MJ, vous deviez savoir ce que vos joueurs veulent.

Conclusion :

Écoutez les désirs de vos joueurs, s’ils veulent jouer l’équivalent de la filmographie de Michael Bay, allez-y mais glissez-y des films toujours distrayants mais bien moins bêtes qu’ils n’en n’ont l’air.

Dans tous les cas n’hésitez pas à varier la forme des challenges mais respectez les codes et les thèmes que vous, en tant que groupe avez fixés.

Amusez-vous bien, moi je vais aller voir de bons films.

Un JDR feel good : Mission impossible ?

Réflexion qui m’est venue suite à des discussions sur des groupes de rôlistes. Est-il possible de faire des jeux feel good ? Ou il n’y a pas de fin du monde, de chose-au-trop-nombreux-membres ou de société secrète essayant de dominer le monde ? Et bien, réfléchissons-y !

Une histoire feel good ? Mais Qu’est-a dire que ceci ?

Burgonde King
Les vrais savent

Première chose, que pourrait bien être un jeu “feel good ?”. Je pense que c’est un jeu dans laquelle il n’y a pas d’oppositions, ou du moins que celle-ci est gérée de façon … disons non-conflictuelle (on en reparle plus loin).

A mon sens, je vois deux possibilités pour créer un jeu “agréable” :

Un jeu à l’ambiance feel-good :

J’entends par là un jeu qui se déroule dans un univers, un set-up qui pousse à profiter de celui-ci. Dans un tel univers nous ne sommes pas dans l’urgence et le rythme proposé est plus lent.

L’univers lui-même n’est pas forcément positif mais l’ambiance qu’il propose l’est. Par exemple, dans le jeu vidéo : Life is Strange , l’univers est banal, le scénario peut être vraiment dramatique. Mais pourtant, il se dégage une ambiance résolument positive et agréable.

Dans le JDR c’est plus délicat. Bien entendu je n’ai pas de connaissance encyclopédique, mais des jeux comme Yggdrassil ou dans une certaine mesure Eleusis m’ont donné cette impression. Ils baignent dans quelque chose de positif, il sort de la lecture et du jeu, quelque chose qui vous porte vers le haut.

Cependant, a ma connaissance, ce sont quand même des jeux qui mettent en place des oppositions et de conflits, donc feel-good, feel-good, moui.

Des relations positives :

La on rentre plus dans la technique narrative plus que dans un type particulier de JDR. On en parlera plus en détail dans un futur article, mais à mon sens, plus que de bons personnages, ce qui fait une bonne histoire, c’est leur relations.

Je pense qu’on peut créer un super bon feeling dans un JDR, même dans un univers brutal et violent, si le groupe de PJ est fort de relations profondes et travaillées, ça marchera !

Par exemple : la Horde du Contrevent de Damasio (au passage, lisez le, c’est top) ou l’on suit, de façon grossière, un groupe de personnages qui traverse le monde. Chaque personnage est fortement caractérisé, et au delà de l’histoire, ce qui porte le récit c’est les rapports entre eux et l’évolution de ces rapports.

Dans un JDR, c’est pareil ! Si vos PJ développent des relations ça ajoutera du sel à vos scénarios. C’est sûr que c’est plus facile dans une campagne qu’en one-shot, mais c’est aussi possible.

Lorsque vous développez ainsi des relations positives, vous pouvez créer un feel-good, même dans le pire univers possible.

Une question de structure :

Mais est-ce qu’on peut faire une histoire feel-good ? Une histoire sans opposition ? A mon sens, c’est très compliqué, voire impossible, pour des questions de structure.

Si je vous dis “Héros au milles visages ?” ou “le voyage du héros” ? ça vous parle ? Si ce n’est pas le cas, un petit saut ICI pour comprendre tout ça.

Le JDR n’échappe pas à cette règle, même si bien sûr il y a des spécificités, un scénario de JDR, et a fortiori une campagne, suivent pour la plupart cette structure.

Et dans cette structure, il y a un élément qui perturbe la vie des héros. Judicieusement nommé “élément perturbateur”, cet élément crée une rupture dans le quotidien des PJ et lance l’aventure. Réfléchissez y, quasiment tous les scénarios ont ce point de départ, du vieil homme dans l’auberge de DD jusqu’au proche qui disparait dans l’Appel de Cthulhu en passant par ce fixer qui vous envoie en run dans Shadowrun.

Cet élément vous envoie vers des péripéties. Et ces péripéties sont très souvent des oppositions et des conflits, qu’il faut dépasser ou vaincre pour grandir (ou gagner de l’xp).

Ainsi, il est difficile dans ce schéma de proposer un JDR dont les scénarios seraient une superbe aventure feel good, un buddy movie contemplatif.

Je ne dis pas que c’est impossible, simplement que ça demande un set-up spécifique et de proposer une expérience unique, ce qui nous amène au point suivant :

Quid de l’envie ?

A mon sens, c’est là que le bât blesse. Je m’explique ; si l’on joue à un JDR, c’est pour chercher l’évasion, l’impossible et l’incroyable. L’écueil du “feel good” est de proposer quelque chose de très ordinaire et banal. Je ne pense pas que les rôlistes aient envie de ça.

Proposer ainsi un jeu contemplatif, positif et sans opposition est une expérience risquées. Qui vaut clairement le coup d’être tentée, mais qui doit être préparée. Pas tant au niveau du scénario que des PJs qu’il faut savoir “briefer” et préparer afin de se laisser embarquer dans un voyage positif au bout du bonheur.

Mais du coup, est-ce pertinent de proposer ça dans le cadre d’un JDR ? Un univers si “feel good” aurait il besoin de jet de dés ? de feuilles de personnages, etc ? Est-ce qu’on ne serait pas dans la simple histoire participative, comme on le faisait enfants et préados quand on se racontait des histoires ?

Quelques idées :

Comme vous devez le sentir, je pense que ce type de jeu est extrêmement difficile à mettre en place. Pourtant il y a des pistes qui nous permettraient peut être de proposer quelque chose de plus positif que ce dont on a l’habitude.

Ma première idée serait d’explorer les jeux d’exploration (haha). Car après tout, lorsqu’on fait de l’exploration, il n’y a pas ou peu d’opposition de principe. Imaginons par exemple se mettre dans la peau d’explorateurs de l’espace qui, à l’instar de l’équipage de l’Enterprise, n’a d’autre ambition que de repousser les limites du monde connu. Nouant ainsi des relations avec les peuples locaux et progressant toujours vers l’inconnu. Il pourrai y avoir du combat mais marginal et en dernier recours.

On peut aussi s’amuser à mettre en scène le banal et l’ordinaire (il m’est arrivé de jouer une journée ordinaire de lycéens par exemple) mais c’est à manier avec précaution pour ne pas tomber dans l’ennuyeux.

Tiens d’ailleurs si vous avez des idées, ça m’intéresse ! Mettez les en commentaire et pourquoi ne construirions nous pas notre jeu feel good idéal ?

Guillaume COEYMANS