Faut qu’on conv’ #1 – RPGers, 20 ans… réussite critique !

Bienvenue dans “Faut qu’on conv’ “, les articles sur nos expériences en conventions ludiques ! Vous trouverez ici nos impressions sur les événements de nos confrères joueurs. Bien sûr, cela sera tout à fait subjectif, donc n’hésitez pas à donner vos propres impressions en commentaires 😉

Première itération de ce format, avec Étienne – aka Vyrtagh, le reporter de choc qui vous raconte son épopée à RPGers, qu’on ne présente plus 😉 .

A gauche… Polo ! A droite, votre serviteur, Vyrtagh 😉

Vendredi

Départ à 6h du matin avec mon confrère et star du Dragon Libournais, j’ai nommé Polo le Lent ! Arrivée trois heures plus tard dans la jolie petite ville de Plaisance du Gers. Nous prenons notre pass 3 jours et allons directement installer nos tentes. Il y a une zone pour camper gratuitement à 5min à pied du festival… 1er bon point ! Il y a même des douches et des sanitaires à disposition dans un bâtiment adjacent, la classe.

Les inscriptions jdr ne sont pas encore lancées, on en profite pour faire le tour des lieux. Le site est très beau. Le festival couvre deux grandes salles ainsi que la place de l’église et ses parkings. Les installations finales sont en cours : buvette, exposants, intervenants… Il y a déjà quelques dizaines de festivaliers. On croise l’ami Briareos de l’association Troll Me Tender, le week end s’annonce bien ! On croise aussi l’illustrateur talentueux Lunart, un copain de convention également (et si vous ne me croyez pas, faites donc un tour ici !). Puis pleins d’autres confrères ! La liste complète est trop longue, mais pour faire simple, on retrouve tous les habitués des conventions ludiques !

Un cousin dragon !

L’inscription aux tables de jdr est lancée : pas de rondes, chaque MJ annonce son heure de départ sans contrainte. Les places s’arrachent et nous choisissons comme première partie “Insectopia” à 14h30. En attendant le début de la table, nous allons nous échauffer sur du jeu de plateau. Plusieurs parties sur “Le Roi des nains” et “Timeline” plus tard, nous nous dirigeons vers la buvette. Niveau choix et prix, rien de particulier, on est dans la moyenne des conventions. Présence tout de même d’un menu végétarien que plus d’un ont apprécié.

Après le repas, nous nous rendons sur notre table. Le MJ étant en retard, nous discutons agréablement avec nos collègues joueurs du moment. Le MJ arrive et nous plonge immédiatement dans son Univers où nous allons incarner des insectes ! (pour voir le détail des parties jdr, allez dans la section correspondante en fin d’article).

Fin de partie à 19h45 et la prochaine commence à… 20h ! On se dirige précipitamment vers la buvette, mais devant la foule faisant la queue (et on n’est que vendredi…), nous choisissons de nous diriger directement à notre seconde partie. Celle-ci se trouve sous une immense tente type 1001 nuits (l’inculte que je suis ne se mouillera pas en tentant de l’identifier plus précisément). En tout cas, les feuilles de persos ne sont pas encore sorties que nous sommes à fond dans l’ambiance ! La partie se termine vers 1h45 et nous allons dormir, fatigués, mais détendus, heureux, et surtout impatients de vivre la suite des festivités.

Ooooh la belle tente !

Samedi

La nuit fut fraîche, contrairement à ce qu’un mi-Août aurait pu présager. Vers 8h30, je suis allé aux douches, et là, petit souci, les douches sont très anciennes, froides et rien n’indique celles des hommes de celles des femmes. Et comme d’habitude, la malchance de votre serviteur a frappé, et d’un “Bonjour Madame”, j’ai pu me sécher tranquillement.

Frais et dispos, Polo et moi sommes allés tester la formule petit-déjeuner de la buvette. Le café n’était toujours pas disponible, au désespoir de mon compagnon. Nous nous sommes installés sur les nombreuses tables disponibles, réchauffant nos carcasses au soleil. Petit point sur les tables et chaises : comme vous le verrez plus tard, le festival a fait face à une affluence record, et ses bénévoles ont même du chercher du matériel supplémentaire dans les villages environnants. Nous avons donc eu des tables et des chaises trèèès anciennes et pour être franc, pas très confortables (surtout avec des parties de jdr de plusieurs heures).

Joli cadre !

Là encore, les rencontres se sont enchainées, notamment un vieil ami, Yannick de l’association les Ailes de Némésis, avec qui j’ai longuement échangé. Les festivaliers se sont fait de plus en plus présents, mais j’ai eu du mal à évaluer leur nombre en raison de l’étendue du festival.

A 11h, nous sommes allés sur la table de Volution, mais la partie n’a pu commencer que vers 12h45. On commence à plaisanter avec Polo autour du retard chronique dont souffrent nos parties. L’attente a toutefois un énorme intérêt : nous discutons joyeusement avec les autres festivaliers, notamment le célèbre Petit Coeur (pour ceux qui voyagent de forums en forums), de l’association Terres d’Ouest (ne ratez pas leur convention fin Octobre !). La partie où nous incarnons un équipage de pirates se finira vers 17h30 / 18h dans la joie et la bonne humeur.

Nous allons nous inscrire pour la suite des parties. Petit point de détail : pendant tout le week end, des MJs sont venus rajouter leurs tables lors de leur arrivée, c’en était assez impressionnant. Malgré le nombre hallucinant de 53 tables en simultané le samedi soir, nous peinons à trouver des places restantes. Nous réussissons malgré tout à nous fixer sur Seed of Darkness. Entre les deux parties, nous testons Deads of Winter, et même si le temps nous a manqué pour finir la partie, j’en ai eu une très bonne impression (probablement un achat à venir – de mes proches, pour me l’offrir bien sûr 😉 ). Il a fallu attendre l’installation de tables supplémentaires pour commencer la partie (et oui, encore du retard !) et un concert de blues nous a permis de patienter. Enfin, la table a pu se lancer. C’est sans hésiter l’expérience la plus insolite de ce week end. La partie en une phrase ? “Vous jouez sur 3 univers parallèles synchronisés.”. La partie s’est terminée vers 4h30 dans une des salles (nous avons été chassé de l’extérieur par un froid polaire… juré !).

Épuisés et frigorifiés, nous sommes allés glaner quelques heures de sommeil.

Quelques jolis cosplays 😉

Dimanche

Levé à 8h30, le froid de la nuit et celui de la douche m’incite à me limiter à une toilette de chat. Ne m’étant pas encore inscrit pour cette journée, j’avale rapidement la formule petit déjeuner avant de faire le pilier devant la table d’inscription. La chance nous a souri cette fois-ci, car un père et un fils viennent de se désinscrire de la table de One%, tandis que les autres tables étaient déjà complètes. Je me jette donc sur l’occasion et planifie notre dernière partie du week-end.

En attendant la partie à 11h, j’interviewe Fabien, un des organisateurs de l’association, qui a eu la gentillesse de répondre à quelques questions (retrouvez l’interview sous l’article). J’en profite encore pour discuter à droite à gauche.

Puis vient le temps de One% et je passe cinq heures très agréables à incarner un biker dans une ambiance à la “Sons of Anarchy”. A la fin de la partie, Polo et moi faisons un tour pour saluer nos confrères joueurs un peu partout dans le festival et remercier les organisateurs. On retourne au camping remballer nos affaires, et nous quittons donc les 20 ans de RPGers vers 17h15 en nous promettant de revenir avec plaisir les prochaines années.

Des tables, des tables, encore des tables !

Bilan

Génial. Quoi dire d’autre ? Nous avons adoré l’ambiance détendue et festive, le sens de l’accueil des organisateurs. Le public est génial, il n’y a pas eu une bagarre ou un mot au dessus de l’autre pendant les trois jours. On discute avec des inconnus comme s’ils étaient de vieux amis et on se dit qu’on les recroisera avec plaisirs dans d’autres conventions. Le lieu est très beau, et l’espace grand : on respire, en dépit de l’affluence record de cette année (les chiffres ne sont pas encore arrêtés, mais presque 5 000 festivaliers d’après les organisateurs).

Se lever de sa table de jdr à 2h30 du matin et se rendre compte que la salle dédiée au jeux de société est pleine à craquer, c’est que du bonheur.

Histoire d’être honnête, et surtout pointilleux sur des détails minimes, j’évoquerai la douche froide et sans indication homme/femme (mais bon camping gratuit avec douche, sanitaire et à 5min à pieds du festival, c’est déjà énorme !). Les chaises en bois assez inconfortables m’ont aussi légèrement dérangé. Enfin, le programme du week end n’est pas clair. À titre d’exemple, nous avons appris le samedi après-midi qu’il y avait un concours de jdr pour les MJ et pour les PJ… en fin de troisième partie.

Mais ce ne sont que de petits détails. Pour notre première dans le plus grand festival français du genre, nous nous sommes régalés, et nous le conseillons à absolument tout le monde ! Et petit conseil, arrivez tôt le matin et dormez sur place, cela vous donnera le temps d’échanger avec d’autres festivaliers, plutôt que de ne faire que vos parties 😉

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Les 5 parties de jdr du week end

Insectopia :

Dans cet Univers tout neuf et tout juste édité, vous incarnez un insecte, ou plus précisément un “intre”, c’est-à-dire un insecte intelligent. Nous restons à l’échelle des insectes, ce ne sont pas des insectes à taille humaine. Il ne faudra pas lancer vos dés, mais tirer des blattes (billes chinoises) pour déterminer le degré d’échec ou de réussite des actions tentées. Dans le monde d’Endoma, vous allez devoir choisir entre différentes factions. Pour plus d’informations sur ce monde passionnant, consultez le site qui y est dédié : http://insectopia-jdr.com/ . De mon ressenti, le système (ainsi que notre MJ, qui est le créateur du jeu) est très dynamique, et insiste plus sur une approche cinématographique que sur du détail chiffré. L’Univers donne extrêmement envie et le peu d’illustrations que j’ai pu voir sont très belles. Je recommande vivement !

Capharnaüm :

Bienvenue dans les contes des 1001 nuits. L’accent est surtout mis sur les actions d’éclats et l’héroïsme ici. Le scénario que l’on a fait était très (trop ?) simple et cela aurait pu être une initiation au jdr pour des lycéens, voire des collégiens. Au final, je me suis plus amusé dans la longue introduction que dans l’histoire à proprement parlé. Pas désagréable mais pas excitant non plus.

Volition :

Dans un monde de fantasy, nous avons incarné un équipage de pirates, et rien que ça, c’est très bien géré et donc très cool ! Au premier abord, la fiche de personnage et ses nombreux calculs fait peur, mais une fois en jeu, le système est simple d’utilisation. Une bonne dose d’humour dans le background de l’Univers rend l’histoire particulièrement savoureuse (pas comme un certain fromage… 😉 ) Un très chouette moment !

Seed of Darkness

Là on attaque du très lourd. Pour reprendre les mots de son auteur, LÉCOT Christophe, alias L.Ch.&A.N. : Jeu de rôle sombre d’horreur glauque, trash et hyper sexualisé inspiré des illustrations de H.R. Giger et Siudmak, entre autres. Il existe trois univers parallèles et synchronisés dans lesquels le joueurs contrôle alternativement les trois instances de son personnage. Le Monde est notre monde, un peu plus sombre : une représentation du Moi psychanalytique. Le Sous-Monde est violent mais ses habitants sont virtuellement immortels : c’est une allégorie du Ça, consacré aux besoins et à l’envie. Dans le Sur-Monde, expression du Surmoi contraint, les alter-égo des humains sont des sortes de zombies servant de nourriture aux créatures autochtones appelées les Idées. Ce n’est clairement pas un jeu pour joueur débutant, jongler d’un avatar de ton personnage à l’autre demande une gymnastique mentale certaine. Ce qui m’a fasciné lors de cette partie, c’est la logique de cet Univers. Tout semble nouveau et pourtant, tout est d’une évidence indiscutable. Le scénario en lui-même, eh bien… disons qu’il a été détourné au bout de 5min je pense. Le MJ nous a laissé partir dans les directions que nous voulions malgré les extrémités que cela engendrait, mais c’est aussi ce qui nous a le mieux permis de découvrir les 3 Mondes. Une expérience riche et innovante, je recommande pleinement !

One%

Je ne connais rien aux bikers en dehors des clichés habituels, et j’ai même appris la signification du terme “patch” pendant cette partie (manteau du biker qui représente son gang = sa plus grande fierté). C’est avec un grand plaisir que j’ai intégré une bande de hors-la-loi possédant un code d’honneur strict. Le système de jeu fonctionne facilement et est assez punitif. Foncer dans le tas, c’est bien en fin de one-shot, mais sinon, d’autres solutions sont surement envisageables. A la place de fiches de persos, nous avons des cartes. Très sympathique. Je referais volontiers !

Interview

E.C. : Peux-tu te présenter s’il te plait ?

Fabien : Je m’appelle Fabien, et je m’occupe du festival de jeux de société depuis quasiment 20 ans. Je fais partie d’une association ici sur Plaisance, on est un groupe de potes, et on est très très nombreux.

E.C. : En 20 ans de RPGers, qu’est-ce qui te donne la plus grande satisfaction ?

Fabien : C’est se remémorer qu’il y a 20 ans on voulait juste jouer entre potes et puis inviter d’autres associations à jouer avec nous. Je me souviens qu’on s’est retrouvé à 75 dans la salle polyvalente, et en fait 20 ans plus tard, en gardant toujours le même état d’esprit, le fait de jouer avec des amis, et bien on va être a priori près de 5 000 sur les trois jours. C’est super bizarre parce qu’on ne s’est jamais pris la tête en fait, on a juste fait en sorte de pouvoir offrir des espaces de jeux à toutes les personnes qui viendraient. Et comme elles sont de plus en plus nombreuses, on cherche de plus en plus de tables et de chaises, mais le trip reste le même. Ça fait du bien qu’on puisse durer sans se prendre la tête.

E.C. : Si tu devais décrire le public de RPGers en 3 mots ?

Fabien : Whao. La colle, c’est super dur (rires). En fait j’aurais tendance à les réduire à base de concepts. Je dirais “joueur”, “solidaire” et je suis obligé de parler du cadre quoi, donc “champêtre”, parce que ça conditionne un petit peu tout. Et même si ce n’est pas forcément les joueurs, c’est ce qui justifie les choses.

E.C. : A ton avis, quelle est l’anecdote que tu as vécue qui représente le mieux l’esprit de RPGers ?

Fabien : Alors là, j’ai aucune difficulté là-dessus. C’était il y a quelques années, c’est un mec qui arrive avec ses trois enfants, il était à peu près 11h, et il me dit comme ça “On reste pas trop longtemps, parce que y’a ma femme qui nous attend pour manger” et à 18h il était toujours à jouer avec ses enfants. C’est archi-classique, mais c’était il y a quelques années et je le recroise encore. C’est ce trip là. C’est on vient, on pose ses fesses et on ne repart jamais.

E.C. : De ton point de vue à toi, quel avenir tu vois pour RPGers ? Comment tu le vois l’année prochaine, dans 5 ans, dans 10 ans ?

Fabien : C’est très très dur. Y’a des surprises chaque année, parce que d’une part comme je l’ai dit tout à l’heure, on ne s’est jamais pris la tête, et on fait juste en sorte de pouvoir accueillir les gens. Donc c’est un chaos organisé, mais en fait c’est hyper carré. C’est à dire qu’on regarde juste si les gens vont venir et en fonction de combien de personnes arrivent, on adapte le lieu. Et on a fait comme ça pendant 20 ans, sauf que cette année on s’est totalement fait avoir, on avait prévu un peu plus de monde mais pas du tout à ce point là. On installait 30 tables de jeux [de rôles] et là on en a 52. On s’est complètement fait dépasser. J’imagine que ça va évoluer. La difficulté c’est qu’il faut qu’on soit assez nombreux pour gérer tout ça, gérer les buvettes, gérer l’accueil… on avait une application y’a pas si longtemps pour gérer les inscriptions aux tables [de jeux de rôles] et ça marche plus du tout, parce qu’il y a trop de monde. Donc il faut qu’on repense absolument tout. J’ai tendance à dire que ça sera un peu plus grand et puis un petit peu mieux, mais on a tellement de choses à repenser que finalement ça sera peut être juste un retour aux sources avec peu de monde où même nous on pourra jouer au lieu d’organiser. J’hésite entre ces deux, je n’en ai pas la moindre idée.

Merci aussi à Polo et à Etienne pour cet article ! Quant à votre serviteur, je suis actuellement dans les cartons (de JDR, donc très légers…) et les gobelins ne bossent pas assez vite, du coup le rythme de publication prend du retard 🙂

1 pensée sur “Faut qu’on conv’ #1 – RPGers, 20 ans… réussite critique !”

  1. C’était aussi pour moi une première fois au RPGERS et c’était un excellent moment ludique et humain! Plein de retrouvailles mais aussi de nombreuses rencontres passionnantes et drôles. La convention à ne pas rater, quoi! J’y retournerais avec plaisir malgré les nuits pôlaires (ou presque…). C’était super!!!

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